Miquel Simó i Sanchez,1907-1977

Miquel Simó i Sànchez, 1907-1977.

Ingénieur, constructeur,  pilote de motos et premier fabricant de moto en Espagne.

  

Par Charles Camberoque                                  Reproduction interdite sans l’accord de l’auteur.

Archives :  DR, Dulcis Simó,  Ramon Oliver Tio, Juan Segura et C Camberoque

M-Simo-portrait-  Miquel Simó i Sànchez

En 2011 j’avais écris un article de ce blog sur Miquel Simó i Sànchez.

Depuis, grâce à Ramon Oliver Tio qui m’a contacté après avoir lu cet article.

Il m’a mis en contact avec Dulcis, la sympathique fille de Miquel qui m’a donné plusieurs renseignements et photos que je n’avais pas alors.

Bien entendu je les remercie chaleureusement tous deux !

Nous avions prévu de participer à plusieurs manifestations espagnoles comme Retromobil à Madrid et à Barcelone.

Mais hélas la covid nous en a empêché ….

J’ai donc décidé d’enrichir et compléter mes pages qui datent déjà d’il y a plus de 10 ans.

Miquel-Simo-peut-etre-au-TT-

Simo sur sa 250 OCP Terrot probablement au TT.

Les hommes du sud de France comme moi ont tous quelques ancêtres, un regard et une attirance particulière et pour l’Espagne.

Et plus particulièrement pour la Catalogne, cette région tout autour de Barcelone berceau de marques de motos comme Bultaco, Derbi ou Montesa… sans oublier leurs pilotes mythiques…

Les fabricants Catalans de  motocyclettes ont tous connut des destins industriels exceptionnels, plein d’exploits sportifs et de palmarès remarquables; ceci avec des machines construites presque artisanalement et avec peu de moyens mais redoutablement efficaces

Miquel Simó est le pionnier de cette aventure industrielle et sportive et bien avant la guerre civile, malheureusement il a été un peu trop oublié.

 simo-24au-départt-tt- Miquel Simó i Snachez pilote d’usine sur sa 250 Terrot

Le pays catalan est tout près de chez nous. On va là-bas depuis toujours et on s’y sent chez soi plus qu’à Paris Nantes ou Dijon…

Et puis c’est réciproque, beaucoup de Catalans, d’Espagnols,  des cousins en quelque sorte, viennent chez nous à des courses, aux bourses et rassemblements ou en vacances…

Ceci n’est pas nouveau : Déjà dans les années trente des pilotes Ibères venaient participer aux compétitions de vitesse comme aux Grand Prix de Carcassonne. 

Les Vidal, père et fils, amis de Miquel Simó venaient y courir aussi sur 350 et 500 Norton, et bien d’autres…

simo-jeune Miquel Simó avec sa machine 148 cc de 1924

En travaillant aux pages de mon livre sur les Grand Prix de Carcassonne j’ai découvert  Miguel Sanchez Simó, un pilote à la brève mais fulgurante carrière, un homme particulièrement attachant.

Heraldo-Deportivo-1924 

El Heraldo Deportivo, grand journal de Madrid. Edition de décembre 1925 avec un départ sur le circuit de Terramar.

 

Premières victoires en 1924 sur le mythique circuit de Terramar

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Miquel Simó sur le circuit de Terramar avec sa Simó 148 de 1924, première victoire ! 

La carrière sportive de coureur/constructeur de Miquel Simó va éclore sur le circuit de Terramar ou Miquel Simó est photographié, ci dessus, en vainqueur avec une des  premières machines de sa fabrication.

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Simó 148 de 1924

Terramar se trouve non loin de la ville de Sitges où il a été construit au début du 20 ème siècle.

Terramar-parking-central

Le parking de Terramar au centre de l’anneau dans les années vingt.

On peut admirer ce circuit de Terramar sur les photographies de Lucien  Roisin prises pendant les premières épreuves des années 20.

Voir à : http://charlescamberoque.unblog.fr/2016/06/30/terramar-photo…-lucien-roisin/

C’est Juan Segura photographe-motocycliste barcelonais passionné qui m’a envoyé la photo ci dessus.

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Départ sur le circuit de Sitges Terramar. Course de moto à Terramar vers 1923

L’histoire de la construction puis du déclin de ce magnifique circuit est étonnante.

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Course de moto à Terramar vers 1923

Depuis les hauteurs qui entourent le circuit on pouvait voir au loin, cette charmante cité balnéaire de Sitges et son clocher au bord de la Méditerranée.

Mais depuis, les constructions ont chamboulé le paysage.

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Course de moto à Terramar vers 1923

C’est sur ce circuit tel qu’on le voit sur les photos d’époque de L Roisin que Miquel Simó, tout jeune, a couru et gagné.

Cependant le circuit, monstre de béton, est toujours là malgré une piste avec quelques trous et bosses.

Démolir cette énorme construction a découragé les promoteurs immobiliers et a ainsi protégé cet ouvrage de plus de 2 km de long qui est maintenant cerné par des urbanisations.

On peut aller découvrir la piste des exploits de Miquel en se rendant à Sitges.

Voir à http://charlescamberoque.unblog.fr/2013/10/03/le-circuit-de-terramar/

La mairie doit encore y organiser des visites car c’est une propriété privée..

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Détail du moteur de la Simó 148 qui a gagné en 1924.

Sur l’image ci dessous on dirait bien la silhouette de Miquel à l’arrivée de sa course victorieuse à Terramar. 

Le casque de ses débuts semble être le sien.

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Victoire sur le Circuit de Terramar 

 

Miquel  Simó pilote international

Miquel Sanchez Simó  venait courir en France et a participé à plusieurs des Grand Prix de Carcassonne.

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En route pour aller participer à des courses dans toute l’Europe

Dans la liste des engagés publié par La Dépêche du 2 août 1934, on trouve son nom écrit à la française dans la course des 250cc et en 350cc.

La-Dépêche--2-août-1934- 

La Dépêche du Midi d’août 1934

Simó est venu à Carcassonne dans les années 34/35.

Il n’est pas passé inaperçu car des vieux amateurs de moto se souviennent encore de ses arrivées à Carcassonne avec ses deux machines arrimées de chaque côté.

Elles étaient arrimées sur les marchepieds de son auto américaine, une Wippet Sedan 4 portes.

Ce qui était très original en ce temps là, à une époque où même les coureurs d’usine se déplaçaient en train avec leurs machines en bagages accompagnés !

Simo passait pour un novateur en arrivant avec sa femme et dans un magnifique équipage.

Je les imagine passant la frontière au Pertus sous le regard des douaniers qui devait être, au combien, intrigués.

Puis roulant vers Carcassonne, captivant à chaque arrêt les badauds, filant sur les routes nationales d’alors, traversant les Corbières.

Ils devaient attirer l’attention des viticulteurs qui devaient relever la tête d’entre les ceps de vigne en entendant le ronflement de l’énorme  moteur de cette voiture.

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La Dépêche du 2 août 1934 

J’ai donc une grande admiration pour Miquel Simo.

Un homme au parcours surprenant qui est mort en 1977  un peu trop oublié de ses contemporains…

… et de la Fédération Espagnole de Motocyclisme…

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La Dépêche de 1935 

 D’après la liste des engagés de la presse de 1935 Miquel Simó n’était présent cette année qu’en 250 cc sur une Terrot et n’était pas inscrit en 350 sur une Rudge comme l’année d’avant.

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Les années de gloire du pilote officiel Terrot, ici avec la 350 Terrot.

Miquel Simó après avoir fait ses preuves sur la 250 Terrot qu’il s’était acheté, était rapidement devenu le pilote officiel Terrot pour l’Espagne.

Miquel-Simo 

Miquel Simo probablement dans la course de côte de la Rabassada à côté de Barcelone

Miquel Simó : L’ingénieur / constructeur

Dans la vie de Simó trois carrières se confondent, d’une part celle d’ingénieur, puis celle de constructeur et d’autre part celle de pilote de vitesse.

Miquel Sanchez Simó est né en 1907 et déjà au début de son adolescence en 1921, il commence à courir sur une bicyclette à moteur auxiliaire, BMA. 

La bécane, munie d’un moteur DKW de 118 cc, qu’il a monté lui-même, frise les 85 km/h. 

Pas mal pour un jeune pilote tout juste équipé d’une paire de genouillères que lui a refilé un joueur de foot !

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La bicyclette à moteur auxiliaire des 14 ans de Miquel, fabriquée en 1921 et précieusement conservée par sa fille Dulcis.

Les souvenirs d’Eleuteri Casas Roca 

Eleuteri-Casas-Roca--TT-1937

Probablement Eleuteri Casas Roca au départ du TT

Eleuteri Casas Roca (1916-1998) qui devint le mécanicien de Miquel, se souvient de sa rencontre avec la famille Simó :

« Un ami m’avait raconté que Miquel Simó travaillait dans un atelier, de la rue Villarroel proche du marché du Ninot, où on fabriquait des tricycles et motos à Sabates del Rio. Nous sommes allés les rencontrer.

Le propriétaire Monsieur Simó père m’offrit un solde de 12 pesettes par semaine.

Il me présenta son fils Miquel, coureur à moto, inventeur et concepteur des moteurs et machines qu’ils construisaient.

Là, travaillaient le propriétaire, son fils, et un monsieur Danois, plus âgé qui manipulait  l’unique tour qu’il y avait à Sabates.

Miquel soudait les cadres et les châssis, il fut celui qui m’a enseigné à souder à l’autogène et après la guerre j’ai monté mon propre atelier grâce à son enseignement.

Miquel Simó participait à des épreuves de motocyclisme et préparait ses motos à l’atelier.

Je l’aidais, mais son père trouva que nous perturbions la bonne marche de l’atelier.

Miquel qui avait un fort caractère c’est fâché avec son père et a transporté ses motos à l’atelier de Vidal un de ses amis, qui était presque à l’angle des rues Balmès et Rosselló.

Là je l’ai suivi. » 

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Les études de Miquel Simó 

En même temps, Miguel, dont le prénom s’écrit Miquel en Catalan,  entre dans la Prestigieuse Ecole Industrielle de Barcelone.

Institution réputée qui peut être comparable aux Arts et Métiers de chez nous, en France.

Son travail de fin d’études va provoquer une grosse rigolade chez ses collègues étudiants : Pensez vous ! Il annonce qu’il va construire un moteur … de moto !

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Rira bien qui rira le dernier !

Car le directeur de l’Ecole Industrielle va l’aider en lui offrant de nombreuses facilités pour que Miquel construise ce qui sera probablement le premier moteur de moto Espagnol.

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Départ de Simó pour une course de côte, probablement La Rabassada.

Miquel conçu le fameux moteur 2 temps de 148 cc qui lui a permis d’obtenir en 1924 sa première victoire sur cet Autodrome Terramar de Sitges.

Il participera au Tour de Catalogne, la même année ainsi qu’a une toute aussi célèbre course de côte aux portes de Barcelone : La Rabassada.

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Circuit de Terramar au début du XX siècle.

Toujours étudiant, Miquel Simó rencontre alors le Ministre de l’Industrie en visite à l’Ecole Industrielle de Barcelone.

Ce dernier tombe admiratif devant le travail de ce jeune élève.

Miquel lui garantit qu’avec un peu d’argent, il pourrait passer à la construction d’une moto moderne et rapide.

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Le circuit de Terramar actuellement

La fabrication des nouvelles motos Simó

Quelques mois passent et en 1927 Miquel reçoit une subvention considérable avec laquelle il poursuit son projet par la fabrication d’un prototype de moto.

Le moulin est de 148 cc avec un échappement double, des freins à l’avant comme à l’arrière et une transmission par chaîne.

Simo-250cc1931

La Simó 250

Un matin, Simó lit dans le journal que le gouvernement de Madrid offre des subventions pour encourager les nouvelles industries.

Miquel monte sur sa moto et part pour la capitale à la poursuite de son objectif pour la recherche de financement afin de passer à la phase industrielle. 

« Ne doutant de rien je suis parti pour Madrid sur ma moto.

Après avoir cherché le Ministère de la Guerre je l’ai montrée finalement au Général Primo de Rivera qui m’en a commandé 25 à 2500 pesettes. » dit il.

Parcourir en moto Barcelone, Madrid et retour était un sacré périple à cette période. !

Moto-Simó-rouge-Simó 250

Par la suite, les motos seront principalement destinées aux services de l’administration, à la poste et à l’armée.

« Ainsi c’est comme cela que  de 1929 à 1932 j’ai été producteur civil avec mes modèles 148 cc et 250 cc deux temps. » 

Des machines bien belles et aussi très rares de nos jours car leur production ne sera jamais à grande échelle.

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La Marque Simó, fut la première marque de moto construites pratiquement à la chaîne et officiellement déclarée en Espagne avant la guerre civile espagnole.

Moto-Simo-1930-- 

Simó 250

 

Malheureusement en 1932 les affaires ne marchent pas bien.

Eleuteri Casas Roca précise : « A l’atelier de la rue  Enric Granados nous avions beau faire en plus des réparations et l’entretien des Norton  de clients comme Pere Palou, Lluis Tribo entre autres, les choses n’allaient pas suffisamment bien pour le maintenir d’autant plus que Simó laissait souvent le travail pour aller courir à l’étranger et il passait aussi des séjours à Dijon chez Terrot.

Nous avons décidé de fermer l’atelier, nous avons partagé les outils j’ai gardé la Simó 250 et je suis allé travailler à l’agence Ford jusqu’en 1937. Puis je suis parti au service militaire.

Entre temps Simó était pilote pour Terrot et en juillet 1936 il a été embauché pour travailler à Dijon ».

L’Espagne connaît des crises politiques et la guerre civile est proche.

Simó décide de ne plus traiter avec le Gouvernement et abandonne la fabrication de ses belles motos.

Il est engagé par la Général Motors qui est installée en Espagne.

 Miquel Simó reprendra ses activités de constructeur après être enfin remis de son accident de l’Ile de Man, dont je parlerai plus loin et à la fin de la guerre d’Espagne.

Il mettra au point des tricycles, engin de transport légers, mais aussi des mini voitures à moteur Hispano Villiers de 200cc.

Tricycle-voiturette-M-SimóTricycle Simó de transport

C’étaient les ancêtres de ce qu’on appellera les Biscuter, construit plus tard par Voisin et qu’on pourra croiser longtemps sur les routes et dans les villes d’Espagne.

biscuter Biscuter Marque Voisin

Des espèces de minuscules autos qui donnaient aux Espagnols en ces temps de pénurie, l’illusion de posséder et de conduire une « vraie » voiture.

 En 1957, Miquel présente un prototype de microcar à la grande foire de Barcelone :

Petit moteur Villier et surtout avec carrosserie de fibre de verre, encore une idée novatrice.

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Tricycle Simó en piste, tandis que Miquel drapeau à la main donne le départ

Dans le domaine des trois roues Simo faisait également appel à son esprit de compétition pour tenter de faire évoluer ses prototypes qui, comme on peut le voir sur la photo ci dessus, ne manquaient pas de gueule.

Simó, lui même donne le départ à cet étrange engin qui semblerait avoir perdu ses ailes !

Je pense que mon vieil ami Jacques Potherat aurait beaucoup aimé ce tricycle.

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Publicité Terrot pour la 250 OCP  utilisée par Simo

 

 Miquel Sanchez Simó : 1935/1939 pilote officiel Terrot en Espagne

En 1932, l’envie de compétition que Simó avait réprimé pour devenir industriel pendant toutes ces dernières années lui revient fortement.

Il achète une Terrot  250 OCP.

La marque Terrot s’implantait alors en Espagne en utilisant le nom de Torrot. Marque qui existe encore et qui produit actuellement des machines pour l’industrie textile.

A cette époque Simó apparaît  avec son prénom, tantôt en Espagnol, tantôt en Catalan dans les listes d’engagés.

L’utilisation du Catalan étant mal vue par Madrid.

Mais lorsque Simó court à l’étranger, il utilise son prénom dans sa langue naturelle, le Catalan valencien.

De plus je me suis aperçu qu’en France les journalistes francisaient même jusqu’à son nom de Simó en Simon.

Donc on trouve pour la même personne des engagements sous des noms et prénoms différents. Ce qui ne facilite pas les recherches.

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Simó au Tourist Trophy sur l’île de Man avec probablement Eleuteri Casas Roca, son mécanicien.

En 1934 Miquel Simo s’inscrit au Grand Prix de Montjuic à Barcelone. Ce circuit urbain était tracé sur la colline du fort de Montjuic qui domine la ville, il a été utilisé pratiquement jusqu’à la construction du circuit de Montmeloen 1991.

 Eleuteri Casas Roca se souvient : « A l’atelier j’ai connu Narcis Franco qui m’a enseigné et m’a aidé au travail de préparation de la Terrot 250.

Pendant les essais de la course de Montjuïc le piston avait  serré dans le cylindre.

Nous avons monté un ensemble neuf de rechange que nous avait envoyé par avion l’usine française de Dijon.

Cette nuit avec Simó et Vidal nous avons  tourné sur le circuit pour faire le rodage.

Le lendemain  Miquel Simó terminait second dans la course des 250cc ».

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Affiche du Grand Prix de Montjuïc 1934 où a couru Miquel Simó

Souvenirs de l’auteur … sur le circuit de Montjuïc … pour la toute petite histoire et pour établir quelques correspondances

Souvenirs de l’auteur … sur le circuit de Montjuïc … pour la toute petite histoire et établir quelques correspondances dans l’espace et au travers du temps.

Trente ans après, vers la fin des années 60, j’ai le souvenir d’avoir été sur ce circuit urbain de Montjuic pour m’amuser à y tourner avec ma 250 Yamaha YDS 3. 

Sans casque, sans gants (c’était pas obligatoire) et avec un copain derrière !

Montjuich-Yam-YDS-3-1969

C’était en pleine journée avec le trafic habituel.

Ma moto plaisait aux Catalans car les machines Japonaises n’étaient pas importées.

J’étais un jeune fou qui se croyait toujours en Grand Prix. 

Les taxis se poussaient pour me laisser passer et me faisaient des signes amicaux le pouce levé façon Bultaco. 

Dés que je m’arrêtais, ils s’arrêtaient eux aussi pour venir voir cette moto de 2 cylindres qui faisait un bruit sublime.

Avec les passants cela créait de véritables attroupements fort sympathiques et impensables de nos jours.

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Départ  à Montjuic : Simó est le  N°2

Quelle émotion !

C’est donc sur ce même circuit qu’une trentaine d’années plus tôt Miquel Simó courrait avec sa 250 Terrot OCP à 92 km/h de moyenne avec un record du tour à 98 km/h.

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En courbe pendant une course à Montjuic

Sa deuxième place au Grand Prix de Barcelone lui assurant une certaine notoriété, à partir de cette période Miquel Simó allait participer à de nombreuses courses dans toute l’Espagne et l’Europe.

Il dit alors que Montjuïc était :  « La Montagne magique, un de mes records les plus beaux »

 Miquel-Simo-victoire--

Victoire à Montjuic !

En Catalogne la passion pour les pilotes et les courses de moto était telle qu’une victoire se fêtait par une multitude de spectateurs.

Miquel Simó est au centre de l’image, ci dessus, porté en triomphe par la foule.

Miquel terminera 3 ème du Grand Prix de Belgique, second au Deutch TT…

A cette période Simó sera très entouré par le monde de la politique qui sera très présent pour se faire photographier avec le champion héro du jour mais qui l’oublieront plus tard…

Miquel-Simo-victoire-TT-peut-être-

Miquel et les autorités officielles

 

Principal palmarès de Miquel Simó

Le Grand Prix du  circuit de Montjuic à Barcelona en 1934 fut la première course ou M Simó s’inscrivit. A partir de là, il connu de grands succès dans beaucoup de circuits d’Europe

1º Pilote espagnol au Tourist Trophy. Il y obtient un trophée qui récompense le pilote qui termine dans un temps inférieur de 10% à celui du premier. 5 ème au classemen général

1º Côte de Castrejana, province de Bilbao.

2ª Au Grand Prix de Barcelona en 250 cc..

3º 3 ème au Grand Prix de Bélgica.

2º 2 ème au Tourist Trophy Holandais

1º Au Grand Prix de Barcelona en 350 cc.

1er en France

1er en Autriche

1er en Allemagne

3 ème en Tchécoslovaquie

2 ème à Malmö en suède

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Simó disparaît derrière la gerbe de fleur du vainqueur

Après toutes les courses du Championnat d’Europe, de retour chez lui il décrochera, en 350, une place de 1er à Barcelone qui sera son meilleur souvenir de course.

C’est en 1935, qu’il revient courir à Carcassonne.

Ci dessous un extrait du livre Le circuit oublié ou je parle de lui.

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C’est dans mon livre, en photo ci dessous, où je parle de Miquel Simo au Grand Prix de Carcassonne.

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Eleuteri Casas Roca raconte :

« De 1933 à 1936 Simó et moi, nous avons travaillé ensemble à préparer les motos de course.

En laissant le garage de son père nous avons ouvert un atelier rue Enric Granados.

Une petite boutique ou seul pouvaient entrer au maximum les tricycles , les sidescars et naturellement les motos.

Nous avions là ce qu’on peut appeler notre écurie.

A cette période nous avons participé aux courses sur le circuit de Montjuïc avec les Terrot dans les catégories 350 et 250 terminant premiers et second dans différentes années.

Nous sommes allés à Bilbao à la course organisée par la Peña Motorista de Vizcaya y faisant un bon classement. »

A partir de cette époque, de 1935 à 1939 Simó deviendra pilote officiel Terrot pour l’Espagne et accumulera les succès avec des premières places en France, Autriche, Allemagne, et des places d’honneur en Tchécoslovaquie, Suède…

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Plaque commémorative du Grand Prix de Suède 1936

Eleuteri Casas Roca nous dit : « A Madrid, à la course de la Casa del Campos nous avons prit un mauvais départ à cause de la différence d’altitude entre Barcelone et Madrid.

Nous avions du changer le gicleur du carburateur et trouver la bonne carburation.

Pour cela en roulant avec la moto au régime maximum, Miquel se mettait au point mort et coupait le moteur pour contrôler la coloration des électrodes de la bougie.

Suivant sa couleur elle indiquait si la carburation était bien réglée ». 

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Miquel Simó

«  Mais en faisant ces essais Simó est entré dans une courbe trop fort et comme il était au point mort le moteur n’a pas retenu la moto, il a été surpris et il est allé contre un arbre et s’est blessé une jambe.

On l’a amené à l’équipe chirurgicale du centre al la Cuesta de Santo  Domingo de Madrid.

Les médecins me dirent qu’il fallait lui couper la jambe.

Je m’y suis opposé et me suis mis en contact avec son père.

Les médecins l’on soigné sous notre responsabilité devant le risque d’une possible complication avec infection et gangrène.

Je me suis transformé en infirmier pour le garder  24 h sur 24 et je voyais qu’il récupérait.

Nous avons décidé de rentrer à Barcelone et que je retournerais avec la voiture dans laquelle nous portions les deux motos les outils et pièces de rechange ».

 

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Simó à l’attaque.

« Joan Gili, un autre coureur qui roulait sur une Norton 500 m’a accompagné pour que je ne fasse pas le voyage re retour tout seul.

La voiture était de deuxième main et transportait une moto sur le marche pied et une autre démontée à l’intérieur avec comme toujours les pièces de rechange, les pneus, l’huile, les outils…

Gili laissa à ses mécaniciens le soin de rentrer avec son équipement. 

Le voyage de Madrid à Barcelone durait 24 heures.

Nous sommes partis de bon matin et le lendemain à 8 heures nous étions devant la maison de la rue Muntaner 341.

La mère de Miquel nous prépara un petit déjeuner puis en partant au garage nous avons cassé l’axe d’une roue avant.

La voiture tombait par terre.

Il a fallu appeler un dépanneur  pour relever et emporter la voiture qui était une américaine, Wippet Sedan  quatre portes d’occasion ».

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Miquel emporté par la foule et …les militaires…

Les pilotes Allemands sur DKW

A cette période il sera difficile de contrer les pilotes Allemands sur DKW.

Ils sont absolument imbattables et avec une organisation quasiment paramilitaire et des moyens énormes venant du gouvernement Nazi.

Simó disait « En réalité c’était très difficile de faire les premières places  parce-que les DKW couraient déjà à cette époque avec compresseur.

Elles te doublaient comme si tu étais arrêté ! »

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En attendant le départ de son tour au TT

Simó sera le premier pilote Espagnol a participer au Tourist Tropy à plusieurs reprises.

Dès sa première participation en 1935, il recevra la coupe qui est offerte aux pilotes qui terminent la course dans un temps qui n’est pas supérieur à 10% de celui du premier.

Le 12 juin 1939,  Simó est sur l’Ile de Man pour le TT.

Sa Terrot pète le feu de Dieu et il est certain qu’il va faire un bon classement malgré la présence de l’équipe des coureurs Nazi qui à la fin, laisseront à cette épreuve un évident mauvais souvenir car ils gageront toutes les bonnes places.

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Simo au départ du Tourist Trophy

 Au 5ème tour de Simó, comme souvent dans cette région il se met à pleuvoir.

Un coureur anglais qui est avant lui, dérape et tombe.

De l’huile coule sur la piste mélangée à l’eau de pluie.

Miquel qui ne le voit pas arrive à 140.

Il glisse puis chute à son tour.

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Départ au TT avec en fond le panneau d’affichage des courses.

 

Miquel Simó se souvient : 

« Ma carrière de pilote de course s’est achevée le 12 juin 1939 sur le circuit de l’Ille de Man.

Mon inséparable Terrot fonctionnait bien ce jour là et j’ai pensé que je ferai un bon chrono.

C’est ainsi que, à cause de la pluie, je me suis arrêté quelques secondes pour dégonfler un poil les pneumatiques.

Le pilote devant moi est malheureusement tombé et j’arrivais derrière lui.

Par la suite j’ai su que la chute de ce pilote avait laissé de l’huile sur la piste que je n’ai pas pu voir avec l’eau de la pluie.

Cela m’a fait choquer contre un pilône de ciment.

Le casque m’a sauvé la vie »

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Au Musée de la Moto de Barcelone : L’équipement que portait Miquel Simo et que l’on peut voir sur toutes ses photos d’époque.

Une fracture des vertèbres ne lui permettra plus de marcher normalement.

Il sera plusieurs mois à l’Hôpital et ne retourna à Barcelone que lorsque la guerre civile fut terminée mais à ce moment sera déclarée la seconde guerre mondiale.

Simó précise : « J’ai demandé de l’aide à la Délégation Nationale des Sports.

Je croyais qu’ils pourraient me donner une place de commissaire technique de courses.

Je ne voulais pas qu’on m’offre rien, mais je suis un vieux singe qui a vu des choses dans les courses qui ne sont pas normales…

On me dit qu’ils ne voulaient pas créer un précédent et je répondis : Est qu’il y en a beaucoup comme moi ? »

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Souvenirs des jours heureux.

Les années de solitude et d’oubli

A partir de là et pendant toutes les années 70, il vivra dans la solitude et l’oubli.

Il se consacrera à la mécanique tout en étant rivé à un fauteuil roulant.

Et ne pouvait  marcher qu’un peu et qu’avec des béquilles.

Il était prisé comme restaurateur  des machines diverses et réparera des moteurs anciens tout en racontant aux jeunes incrédules son extraordinaire aventure de pilote et de constructeur.

Miquel Simó sera oublié petit à petit y compris de la Fédération Motocycliste.

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Simó vers la fin de sa vie.

 Miquel Simó est  mort le 27 juillet 1977.

On a écrit de lui : « La nouvelle de son récent décès a rappelé sa légendaire vie, son humanité, la vie sportive et professionnelle de cet indéniable homme des moteurs.

Trophées et joie dans sa jeunesse, oubli et silence dans sa vieillesse.

Que cela rende hommage à ces qualités humaines et qu’il soit un exemple pour tous ceux qui s’identifient à lui en soufrant de ses mêmes privations mais tout en bénéficiant d’un grand cœur comme celui de Miquel qui a cessé de battre le 27 juillet 1977 »

 

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Le souvenir de Miquel Sanchez Simó

Dulcis, la fille de Miquel Simó et Xavier Simó, essayent de perpétuer la mémoire de leur père.

Ils conservent précieusement dans leur maison quelques machines lui ayant appartenu et divers trophées et plaques commémoratives.

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La Simó 148 dans l’appartement de sa fille Dulcis

Vers 2010, le musée de la moto de Barcelone lui avait rendu un hommage en exposant ses machines et montrant son équipement dans une vitrine.

Actuellement, le musée ayant fermé on peut voir tout cela à l’autre magnifique musée de Bassella.

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L’exposition Miquel Simó dans le musée de Barcelone.

Déjà en 1978, Bernard Salvat rendait hommage à Miquel Simó, dans le N° 15 de la revue Le Motocyclettiste,

En ce temps là, les Espagnols ne s’intéressaient plus à Simó …

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Biographie de Miquel Simó

1907 : Naissance du petit Miquel de son père, Monsieur Sanchez et de Madame Simó, sa mère dont il prendra le nom.

1921 : Début en course à 14 ans avec sa bicyclette qu’il équipe d’un moteur DKW 118 cc

1924 : Etudiant à dans la prestigieuse Ecole Industrielle de Barcelone.

1924 Première victoire sur le Circuit de Terramar avec la machine de sa construction, la Simó 148 cc 

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1924 : Participation au Tour de Catalogne.

1927 : Subvention par le gouvernement pour fabriquer un prototype de moto 148 cc

1929/1932 : Construit les motos Simó, 148 cc et 250 cc

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1932 : Fin de ses activités de constructeur de motos pour le gouvernement.

Entre comme contôleur à la Général Motors.

1932 : Achat d’une 250 OCP Terrot et retour à la compétition.

1933/1936 : Travaille avec Eleuteri Casas Roca comme mécanicien.

1934 : 1er pilote Espagnol au TT

- 1º Côte de Castrejana, province de Bilbao.

- 3º Au Grand Prix de Bélgique.

- 2º Au Deutch Tourist Trophy Holandais

- 1935/1939 : Pilote officiel Terrot pour l’Espagne.

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1934 : Grand Prix de Carcassonne en 250 et sur une Rudge en 350 cc

1934 : Second au Grand Prix de Barcelone.

1935 : 1er au Grand Prix de Barcelone, en 350 sur Terrot.

1935 : Grand Prix de Carcassonne.

1936 : Embauché par Terrot pour travailler à l’usine de Dijon 

1939 : 12 Juin accident à l’Ile de Man.

1939/1960 : Fabrication de véhicules triporteurs et tricycles avec les Carrosseries Marugat

1957 : Présentation à la foire de Barcelone d’un tricycle microcar de sa conception.

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1970 : Restauration de voitures et moteurs anciens.

1977 : Décès de Miquel Simó le 27 Juillet.

1978 : Dès Janvier, publication par  Bernard Salvat dans la revue française Le Motocyclettiste d’un grand article avec interview de  M Simó quelques mois avant son décès.

En 1978 : Dès Janvier en France quelques mois après son décès Bernard Salvat rendait hommage à Miquel Simó, dans le N° 15 de la revue Le Motocyclettiste, 

En ce temps là, les Espagnols ne s’intéressaient plus à Simó …

En 2011 j’écris un article dans mon blog sur Miquel Simó :

http://charlescamberoque.unblog.fr/2011/11/30/miquel-simo-un-constructeur-et-pilote-oublie/

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En 2013  dans mon livre : Le circuit oublié  je parle de lui et de sa participation aux Grand Prix de Carcassonne.

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En 2020 je rédige et rassemble un document sur Miquel, une toute petite édition.

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Actuellement le souvenir de Miquel Sanchez Simó est entretenu par sa famille et de nombreux admirateurs qui veulent tous qu’on perpétue sa mémoire.

 

Quand j’ai découvert la présence de ce pilote sur le circuit de Carcassonne, en écrivant mon livre  je n’aurais jamais pensé que je serai un jour en contact avec sa descendance et sa fille Dulcis.

Merci encore Dulcis pour votre confiance et les documents que vous m’avez transmis.

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Le Moto Park à Montpellier

Le Moto Park à Montpellier

 

Texte et photos C Camberoque            Reproduction interdite sans l’accord de l’auteur 

 

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A plusieurs reprises j’ai publié dans ce blog des pages pour présenter des petits ateliers comme je les aime

Tous animés par des artisans sympathiques et passionnés de motos. 

Voir :

 Atelier Classic Motorcycles Albi

Petite visite à l’atelier Nougier

L’atelier de Jean Marc Gomez

L’atelier de Bernard Dusfour à Assas

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En achetant ma petite KTM j’ai découvert le Motopark une nouvelle structure de Montpellier et sa région tout à fait surprenante.

J’en profite pour rendre hommage à Thierry Baudry, aujourd’hui retraité et qui m’y avait accueilli chaleureusement.

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C’est Jean Frédéric Suttel qui l’a créée. 

A Montpellier depuis le siècle dernier le nom de Suttel est immédiatement associé à la notion de balade et d’évasion.

Suttel c’était les bateaux avec un grand garage hors l’eau à Palavas un magasin Honda, mais aussi la  boutique de motos dans le centre, près de la gare de Montpellier. 

Dans notre jeunesse lorsque nous passions devant, nous léchions littéralement ses vitrines ou des machines exposées nous faisaient rêver.

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 Depuis la famille Suttel a ouvert plusieurs concessions moto au travers du Languedoc. les nommer toutes serait fastidieux.

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Puis pendant une dizaine d’années Jean Frédéric Suttel , l’actuel boss pour toute cette structure très cohérente, a peaufiné son grand projet.

Il a imaginé une sorte de village de la moto inspiré par des grands centres commerciaux comme les boutiques de confection du complexe la Roca, village sur l’autoroute de Barcelone en Catalogne. 

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Il a voulu que ce soit un espace où l’on peut trouver plusieurs marques de moto.

Mais aussi un lieu de vie esthétiquement très cohérent où l’on peut aller flâner et passer sa journée tout simplement.

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Commencez en arrivant par prendre un café sur la terrasse du bar restaurant qui réouvre après le confinement.

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Puis pour les plus velus, n’hésitez pas à aller voir le barbier …

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Avant de flâner dans les boutiques vous pourrez faire une partie de billard.

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Vous trouverez au Moto Park 17 marques de machines qui sont présentés chacune dans sa propre concession. 

Depuis peu on peut aussi acheter des vélos dont certaines belles marques électriques.

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Dans les 600 bécanes, entre les neuves et les occasions sont exposées dans ces énormes espaces où travaillent une cinquantaine de personnes.

A l’Occaz Park on trouve en permanence 150/200 machines d’occasion.

motopark-atelier-bmw 

Le tout est construit par des architectes de Montpellier sur 9500 m2, implanté sur 15 000 m2 de terrain ! 

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Magnifique et colossal !

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Chaque boutique de chaque marque différente a été conçue avec sa propre esthétique, sa propre déco, son propre atelier.

Une atmosphère particulière à chacune s’en dégage.

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Ainsi la partie BM de 2500m2 est devenue un modèle pour BMW France qui y organise toute ses manifestations nationnales importantes. 

atelier-bmw-motopark- 

Il faut préciser que cette concession montpelliéraine de Motopark est la 3ème mondiale après celles des Etats Unis et de L’Afrique du Sud !

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En matière de tout terrain, depuis que KTM a racheté Gasgas, la célèbre usine de Gérone en Catalogne, les motos Gasgas sont distribuées par KTM et vous les trouverez donc au Motopark.

La gamme des Ducati est aussi présentée dans un environnement chic et cossu. 

ducati-scrambler-motopark2021- 

Un service de location de moto semble bien intéressant car on peut ainsi faire des essais sur plusieurs jours avant d’acquérir une nouvelle machine.

Locapark propose donc des bécanes de toutes marques du 50cc au 1250 GS, du trail à la routière.

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Ici on aide également des jeunes pilotes qui courrent.

Bien entendu ils peuvent passer au paravent le permis de conduire sur la piste de moto école intégrée à cet espace.

Plusieurs autres services sont également proposés.

En commençant par la mutuelle des motards qui y a un bureau. On s’assure avant de partir !

Un service de réparation rapide est lié à la boutique Motoshop qui vend aussi des accessoires.

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En plus une boutique de vêtements propose tous les accessoires d’habillements nécessaires à la pratique de la moto.

Sans parler aussi des habits de ville dans diverses collections, toutes très classe sans être forcément motardes. 

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Enfin une partie qui est tout aussi intéressante se trouve essentiellement à l’étage et regroupe une belle série de motos anciennes du début du siècle dernier jusqu’aux années 90 environ.

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Dans l’entrée de chez BMW on peut voir la moto d’Hubert Auriol, celle du Dakar 1983 qu’on avait déjà vue passer par chez nous lorsque ce rallye prenait le bateau à Sète.

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A l’entrée de ce petit musée, où l’on doit pouvoir admirer environ une cinquantaine de machines, Philippe Loué nous accueille.

Autrefois pilote en TT, cross, enduro et en Rallye africains il y a  couru dans beaucoup d’épreuves et dans pas mal de pays d’outre méditerranée.

Il a contribué également à créer le circuit de moto-cross de Frontignan.

Avec l’âge il est devenu collectionneur et conservateur, restaurateur de la collection de Jean Frédéric Suttel à laquelle il a ajouté plusieurs de ses propres moto anciennes.

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Je suis immédiatement attiré par mes chères Bultaco !

Ce qui m’amène à penser que lorsqu’on retrouve dans des musées des motos qu’on a possédées …

… cela veut bien nous rappeler qu’on n’est plus très jeunes, enfin, de collection comme ces engins !

Dommage qu’il n’y ait pas une Bultaco Metralla kit América ou une TSS.

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Une Monark des années 1972 est une des dernières arrivées.

Cette 125 était à l’époque ce qui se faisait de mieux pour pratiquer l’enduro.

Nous rêvions tous de cette machine suédoise.

monark-125-musee-motopark 

Construite (ou re-construite) par Racing Motors Développement à St Gély du Fesc, une machine de records de vitesse sur base de 350 Royal Enfield retient mon attention.

J’aimerais en savoir plus sur cet engin et ses constructeurs…

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Puis dans le coin des vieilles Mamies, voilà une rutilante Henderson, marque américaine du début du XX siècle. 

HENDERSON-COLLECTION-MOTOPARK 

Plus loin une Rochet de 1903.

Ce mono parisien de 540 cc est installé sous un grand tableau en volume constitué des pièces d’une Royal Enfield.

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Des compositions de pièces détachées de motos mises sur un cadre et accrochées au mur  telles des tableaux sont particulièrement séduisantes.

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Oui ! la Malague et une 750 Kawa me rappellent encore tout une autre époque et mes propres bécanes…

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Qui eu cru lorsque la moto est repartie dans les années 60 que nous verrions de tels grands ateliers et boutiques aussi luxueux.

Il faut dire que la moto représentait alors un emblème de revendication devant la société bourgeoise de nos parents.

Maintenant  elle est devenue un engin branché et presque un signe extérieur de réussite sociale.

Et même si on continue à aimer les petits bouclards et les motos d’un autre temps une visite au plus grand village moto d’Europe s’impose.

L’union de ces concessions et leur construction dans un tel ensemble me laisse pantois. 

Les temps ont bien changés !


Zarco et Quartararo par chez nous

Zarco et Quartararo par chez nous.

 

Par Charles Camberoque                                            

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Au dernier Grand prix de Doha au Qatar, deux pilotes français se sont brillamment illustrés.

C’est la première fois depuis 1954 que deux français prennent les deux premières places d’un grand prix moto GP.

Depuis que je m’intéresse aux courses de moto je n’avais jamais été le spectateur d’une telle victoire.

Je suis un passionné de courses moto, je regarde assidument les grand prix depuis 50 ans et je n’en avais pas rêvé autant !

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Fabio Quartararo gagne le grand prix … et de façon magistrale.

Tandis qu’en finissant second Johann Zarco se place en tête du championnat du monde de moto. 

Formidable !  COCORICO !

Le reste de la saison qui ne fait que commencer, sera difficile mais ne boudons pas notre plaisir.

Joan-Zarco guidon 

En plus d’avoir gagné un podium ils l’on fait avec maestria et panache.

Certes ce  sont des hommes du sud mais il est amusant de noter qu’ils ont été par chez nous, à un moment où un autre.

zarco-364 

Johan Zarco dans l’Hérault 

Johan Zarco qui fait preuve d’un courage et d’une opiniâtreté tout a fait admirable ne s’est jamais découragé malgré les revers qu’il a subit.

Quel courage !

Quelle exemplaire volonté ! 

Zarco-2011-gp-catalunya 

Après avoir été deux fois consécutives Champion du Monde en moto 2, il s’était mal orienté (ou on l’avait mal orienté ?).

En devenant pilote d’usine pour une marque encore … disons … amphigourique !!! (C’est plus rigolo !).

Zarco avait décidé de partir de chez KTM sans savoir où et avec quoi il pourrait reprendre les chemins des grand prix.

Il avait continué à s’entrainer durement, très durement et il a passé une rude période où l’on se demandait bien s’il s’en sortirait.

J-Zarco-Malaisie-2019 

Un jour il était sur le circuit d’Alès un autre on disait qu’il était par ici où par là.

Il fréquentait des grandes pistes mais également des petits tourniquets et nous en avons quelques un par chez nous qui sont pas mal.

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Un matin où j’étais à Agonès chez mon ami Jean Marc Gomez, j’ai eu une belle surprise.

Kartix-Zarco- 

On entendait au loin le bruit d’un moteur ce qui est normal car un circuit de kart, Kartix n’est pas loin.

Jean Marc tend l’oreille et me dit : Ça c’est Zarco !   C’est sa façon de piloter !   Tu devrais aller voir.

Zarco-entrainement-Ganges 

Effectivement Johann Zarco était en train de tourner sur ce beau petit circuit.

J’étais stupéfait de le voir sur sa machine d’entrainement. Il avait encore une KTM.

Le bruit du moteur à hauts régimes était splendide.

Zarco-Agonès-2019-L1100453 

Johann Zarco était très impressionnant démontrant en plus de son pilotage toute sa force athlétique.

Très rapide, pendant quasiment le temps d’un GP, il a tourné sans faiblir.

Un spectacle inoubliable, magnifique ou j’ai pu apprécier sa technique, sa régularité et sa grande sureté. 

Il était avec son entaineur. Nous étions les seuls autour de la piste.

Quant il s’est enfin arrêté il semblait tout de même flapi.

Je le regrette mais je n’ai pas osé le déranger…

Zarco-circuit-Agonès

 

  

Famille Quartararo : Le père !

Pour Quartararo l’histoire est différente.

Et si l’on peut voir son nom dans un article d’un journal local, L’Indépendant du 9 juin 1981.

Ce n’est pas de Fabio dont on parle, qui n’était pas encore né, mais d’Etienne son père. 

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L’Indépendant relatait la course de côte de Roullens dans l’Aude, dans les années 1980.

Le père de Fabio : Etienne Quartararo était venu courir à côté de Carcassonne.

Etienne avait gagné en 500 en établissant le record de la montée.

Les chiens ne font pas des chats !

EPSON scanner image 

 Voir à :   http://charlescamberoque.unblog.fr/?p=7273

Etienne Quartararo avait été Champion de France en 1983 sur 125.

Il avait également couru en 250 au Grand Prix de France  de 1986 et participé à deux reprises au Bol d’Or.

Etienne-Quartararo-

Dans un article de GP Inside  Hervé Poncharal qui avait aidé Etienne dans sa carrière de pilote, se souvient : 

 » Etienne a toujours été fou de la course, comme beaucoup de nos gars dans le sud de la France.

Il y avait un petit groupe, entre Marseille et Nice, sur la côte. Le circuit de Paul Ricard y a beaucoup aidé, mais il y a toujours eu une forte communauté de vitesse moto ici et Etienne en faisait partie ».

E-Quartararo-Collection-G-Martin 

Hervé Poncharal continue : «  Quand je travaillais pour Honda France dans les années 80, Etienne roulait.

Nous fournissions des motos et des pièces de rechange pour lui au niveau national.

Donc je dirais que nous nous connaissons depuis 40 ans ! »

E-Quartararo-1981-Roullens-Presse-f 

Étienne Quartararo racontait dans un entretien donné au magazine GP-Racing : « À deux ans et demi, je lui avais offert une trottinette et on a tout de suite vu qu’il avait un sens de l’équilibre incroyable.

C’est mon frère qui m’a dit : ‘Tu devrais le mettre sur une moto…

Il a bien sûr adoré. Mais je ne l’ai jamais forcé à en faire. »

Voir à :  https://www.gp-inside.com/quand-poncharal-travaillait-avec-etienne-quartararo/

Etienne-et-Fabio-Quartararo-2021- 

C’est ainsi que l’an dernier Fabio Quartararo avait  dédié son succès en Catalogne à son paternel pour le jour de la Fête des Pères.

F-Quartararo-

 

Quel plaisir !

Pourvu que ça dure …

 

El-Diablo-Zarco-et-Miller

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