Gp de Carcassonne : dernières nouvelles

Grand prix de Carcassonne, dernières nouvelles, dernières trouvailles…

 

Par C Camberoque

 

Lorsqu’on écrit un bouquin ou qu’on publie un article, à la parution, immanquablement, on découvre des informations qu’on n’avait pas trouvées.

C’est terriblement frustrant !

Tous les auteurs vous le diront…

Mais avec internet et ce blog je peux vous faire part de mes dernières trouvailles :

- La 175 Carcassonne des frères Nougier.

- Les photos de Marcel Auriol

- 1935 : Dubois vainqueur à plus de 100 de moyenne en 175 

- Edmond Padovani et ses carnets secrets

 

 

La 175 Carcassonne des frères Nougier

Les frères Nougier étaient venus à Carcassonne pour courir le Grand Prix en 1935. 

(Voir plus de détails dans mon livre : Le circuit oublié)

La-175-nougier-carcassonne-1935

Dans l’excellent bouquin de FMD sur ces sorciers de la moto, je découvre qu’ils avaient appelée une de leurs machines de course : La Carcassonne ! 

Quelle surprise !

En effet, une nouvelle moto de leur préparation étant prête pour la course de Carcassonne, 1935, ils lui donnèrent tout simplement ce nom de  » La 175 Carcassonne »

Pour plus de précisions voir à la page 40 du livre de François-Marie Dumas : Motos Nougier Le rêve Français

Précision : Elle a couru en 1935 et pas en 1934 car en 34 le GP de France a été annulé à Carcassonne bien que la course a eu lieu pas en tant que GP de France mais GP de Carcassonne.

En 35 il y a eu le GP de Carcassonne mais pas non plus de GP de France.

Des péripéties que vous retrouverez dans mon livre Le circuit oublié.

Henri-Nougier-175-Carcassonne-1935

Sur la photo ci dessus Henri Nougier prend la pose avec la 175 Carcassonne.

Le décor ressemble aux bords de la piste de Salvaza au niveau de la ligne droite des tribunes et du départ.

Bien que la photo ait paru dans un Moto Revue pour illustrer un article qui traitait du GP du Comminge !

A l’horizon je crois deviner le massif de l’Alaric qui se voit très bien sous cet angle et qui est présent aussi sur la photo à droite de la ligne de départ et des tribunes.

Photo ci dessous, et voir la photo de Marcel Auriol un peu plus loin.

ligne-droite-salvaza-1934-

 

 

Les photos de Marcel Auriol

Il y a quelques jours je recevais un e mail de Christian,  petit fils de Marcel Auriol, 1900-1977.

Marcel Auriol était un sportif très connu dans l’Aude et amateur de photographie.

    M-Auriol-1900-1977-Carcassonne-

Marcel Auriol avait photographié plusieurs épreuves motocyclistes à Carcassonne (dont je vous reparlerai plus tard dans un autre article). 

Parmi ses images, à ma grande joie deux photos du Grand Prix de 1931.

photo-marcel-auriol-Salvaza-ligne-droite-des-tribunes

Dans la première image on distingue une moto en pleine vitesse sur la ligne droite des tribunes au niveau de l’aérodrome.

La photo n’est pas très nette, forcément, en ce temps là, les appareils ne possédaient pas des obturateurs très performants.

Mais on a l’impression de la rapidité de la moto et on voit que son pilote est couché sur sa machine.

L’attention et  la tension des spectateurs qui se détachent sur le ciel est aussi perceptible.

Dans le fond on découvre les tribunes que vous pouvez également voir sur une des photos ci dessus, un peu plus haut.

Une très belle image !

 photo-marcel-auriol-salvaza-1931-bernard-sur-new-map-500cc-equipe-de-suberville-toulouse-

Sur la deuxième photographie on est toujours dans le même secteur du circuit.

On voit un coureur et sa machine qui manœuvrent probablement pour se placer sur la ligne de départ.

Grace à la date de prise de vue et au numéro de la moto, j’ai pu déterminer qu’il sagit d’un pilote amateur nommé Bernard.

Il participait à la course de 1931 sur une New Map 500cc dans l’équipe de Suberville, un concessionnaire de Toulouse.

Pour plus de renseignements voyez dans mon livre Le circuit oublié où vous trouverez le résumé de cette course.

Merci Christian pour ce généreux envoi !

 

1935 : Dubois vainqueur à plus de 100 de moyenne en 175

Dans La Dépêche du Midi, journal publié à Toulouse et qui existe encore, j’avais trouvé une photo de Dubois, mal reproduite.

Du moins avec les moyens des imprimeries des quotidiens de l’époque. 

Photo ci dessous.

dubois , pado, 175 moy de 105 en 35 

Je trouvais comme solution de demander à mon ami Jose Sales Albella, artiste peintre et dessinateur bien connu, de m’en faire un dessin.

dessin-de-jose-sales-albella

Ce qu’il fit comme pour de nombreuses autres photos d’époque qui n’étaient pas dignement reproductibles.  

Il a su traduire par son coup de crayon toute l’atmosphère qui est sur la photo.

Puis, beaucoup plus tard, je ne sais où, j’ai trouvé un tirage de la photo originale.

C’était pour moi comme un cadeau de Noël !

Dubois-GP-Carcassonne172

Et là, on voit plus de détails, comme il se doit sur une photographie.

A la page 110 de mon livre : Le circuit Oublié vous trouverez le résumé de la belle course qu‘André ou Jean Dubois (on ne sait pas exactement), venait de gagner sur une MM, une Morini d’avant Morini !

 

 

Edmond Padovani et ses carnets secrets

 Autre trouvaille : Edmond Padovani avait des carnets où il notait les faits de course, points importants des compétitions auquelles il avait participé.

Jean Paul Augé m’a fait connaître ces pages passionnantes.

Je crois qu’elles avaient été déjà publiées dans un catalogue du Club Arbracam.

carnet-notes-padovani-Carcassonne006

 » Gp de Carcassonne 1932 

A la suite des 500 lancés du « Michelet » la preuve était faite qu’il manquait 10 km à ma machine.

Peut être entre temps avais je gagné 4 à 5 km pour d’autres mise au point ?

Je savais à présent que je pouvais compenser la différence par rapport aux Pros d’autant plus aisément que le circuit était accidenté, c’était le cas.

C’est donc avec sérénité que je courrais seul à Carcassonne, le M.C.M (Moto Club de Marseille) n’ayant pas délégué d’autre représentant.

Pas d’étrangers mais d’excellents pros français dont Debaisieux ,Piscaglia, Bellagamba.

Sans prendre de risque je remporte la course devant Debaisieux 2eme à 13 secondes

Après Reims cela m’avait paru tellement facile.

Ce sera mon 3 ème Podium sur la 1 ère marche … si … »

 

A la page 41 et suivantes de mon livre Le Circuit oublié, vous aurez tous les détails de cette course que Pado gagne devant des pilotes professionnels. 

Cela explique le « … si … » de sa dernière phrase.

Car il devait se demander si les pilotes pro n’allaient pas porter réclamation puisque ils avaient couru avec un amateur … et qu’il les avait gagné !

 

L’année suivante en 1933

notes-carnet-Padovani1933-Carcassonne007 

« Gp de Carcassonne 1933

 Grand Prix de Carcassonne ?

J’ai remporté cette course l’an passé devant les Pros. C’était une Victoire.

Je ne me souviens pas pour quelles raisons, cette année, ces épreuves se sont déroulées séparément coté amateur et coté Pros. Ni pourquoi sur des distances plus grandes pour les amateurs ?

Ni pourquoi je n’ai pas participé à l’épreuve mixte, qui s’est déroulée l’après midi. Mystère ?

Je remporte la catégorie amateur à une moyenne supérieure de 13 km/h à celle des 350 cc !

Pourtant la moyenne du premier Pro en 250 CC est supérieure à la mienne. C’est étrange ?

Peut être nous avons été « gratifiés » d’une chance supplémentaire ?

Dans l’incertitude je ne puis considérer cette place comme une « Victoire » ! Et ne m’autorise pas à me gratifier d’un podium non mérité ?

J’en resterai prudemment à 6 pour le moment… « des fois qu’il pourrait y avoir …. Contestations » ? »

 

L’année suivante Padovani, toujours pilote amateur, s’étonne que l’organisation des courses de Carcassonne ait bien dissocié les amateurs des professionnels en 1933.

Et contrairement à l’année précédente !!!

Il semble vexé de ne pas avoir couru avec les professionnels et considère peut être que cette victoire n’en est pas vraiment une.

 

La photo d’Edmond Padovani vainqueur à Carcassonne en 1933.

Padovani-vainqueur-en-250-amateur-1933

Comme pour la photo de Dubois, « un jour ou plutôt une nuit »…  je découvre sur Internet une affiche pour une exposition organisée par Arbracam.

C’est bien la photo de Edmond Padovani que j’avais trouvée dans les archives d’un journal de l’époque.

Celle là aussi avait été dessinée par Jose Sales Albella (ci dessus) d’après le document de La Dépêche.

Photo prise à Carcassonne et pas ailleurs … par un photographe de La Dépêche en 1933 et publiée alors.

Padovani-vainqueur-en-250 cc-amateur-1933

Ah ! et quel plaisir que de voir la mine vraiment réjouie du jeunne   »champion marseillais » Padovani !

 Padovani-photo-dépêche-et-original-affiche

 

 

 

 

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La presse en parle …

 

 

 Dans L’authentique Antoine Demetz écrit :   « A dévorer comme un roman » 

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Dans l’Indépendant Benjamin Soyer dit :

« Un pan entier de l’histoire carcassonnaise refait surface dans l’ouvrage de Charles Camberoque »

Benjamin-Seyer-article-18-02-13-Independant-CARCA

 

On peut lire dans Moto légende :

« Ce livre est différent, fascinant, une sorte de roman historique très documenté et très bien écrit. Il y a du Pagnol là-dedans ! » 

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Dans l’Indépendant Laurent Rouquette écrit :

« Ecrit d’une plume alerte teintée d’humour, le livre de Charles Camberoque est abondamment illustré de documents d’époque

qui montrent l’importance qu’avait pris ce phénomène aux pieds de la Cité.

Une plongée enthousiasmante dans un passé pas si lointain, finalement »

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Dans La vie de la moto Henri Michel Leurette note :

« … C’est un excellent conteur.

Son livre est magique…

Si vous cherchez un livre pour vos vacances, le voici ! »

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David Crespin a écrit dans le Midi Libre :

« Cette facette historique , trop vite oubliée reprend vie, dans le livre passionnant de Charles Camberoque … »

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Dans Moto Magazine ont pu lire :

« …le texte bien écrit est plaisant à lire et n’omet pas le contexte explosif national et international de l’époque.

Un historique rapide des marques de moto ayant couru ce GP suit le texte principal.

Un chapitre consacré à des musées français et espagnols, ainsi qu’à diverses associations Motocyclistes liées à la moto ancienne clôt cet ouvrage

recommandé à tous les curieux »

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Le Circuit oublié est publié par

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Les Terrot Rallye de Thierry Philippon

Les Terrot Rallye de Thierry Philippon

 

 Texte de Jean-Paul Augé

 

Ceux qui ont eu la possibilité de suivre ce blog depuis le début, (ou la patience ou le courage d’en lire l’intégralité !), savent que Charles Camberoque et moi avions commencé en vous racontant nos premières aventures motocyclistes, lorsque nous étions adolescents, vers 1965-1970.

Nous avions tous les deux commencé en roulant sur des Terrot, lui avec une 125 Ténor, puis moi, un peu après, avec une 175 Rallye. 

Outre l’intitulé de ce blog, la restauration de la Ténor de Charles a servi de prétexte à plusieurs articles, tandis que je n’ai fait qu’aborder celle de ma Rallye: http://charlescamberoque.unblog.fr/2012/12/03/lhistoire-dune-rallye-175cc-de-1962/

Mais dans ce blog, il y a un troisième larron, auquel nous avons déjà consacré plusieurs articles : Il s’agit de Thierry Philippon, lui aussi grand amateur de ces dernières Terrot, auxquelles il a consacré beaucoup de temps et de talent.

T-Philippon-Pamiers-2012route-en-ariège-

Et pour lui aussi, tout a commencé à la fin des années 60, quand, avec un de ses frères, il a entrepris d’essayer de tirer le maximum de ces jolies petites machines.

Et depuis lors, Thierry n’a jamais arrêté de travailler sur des Terrot, au point d’en devenir un des meilleurs spécialistes français.

Nous allons donc passer en revue le résultat de ces années de passion.

Dans le premier de ces articles, http://charlescamberoque.unblog.fr/2009/09/02/la-186-terrot- philippon-rallye/  nous  avons laissé la parole à Thierry, qui a ainsi pu vous raconter le début de son parcours, et notamment cette fameuse machine qui représentait alors le summum de ce qui avait pu être obtenu à partir d’une 175 Rallye.

Entre nous on l’appelle : La Noire

1-Rallye-T-Philippon-La-noire

Même si on vous en a déjà beaucoup parlé, on n’avait pas trop d’informations sur le passé de cette machine.

Et sans prétendre avoir tout découvert, on a quand même fini par trouver quelques traces de son passé.

D’abord la plus ancienne photo que nous ayons, trouvée sur un site dédié aux Terrot, sans qu’on en sache plus sur son origine ni sa date.

Mais Thierry confirme que c’est donc bien celle qui est devenue « la Noire ».

On reconnait sans peine la selle, le réservoir d’huile, les amortisseurs arrières, le carburateur Dell’Orto Racing, les soufflets de fourche, et quelques autres détails.

Noire A1

Mais le réservoir ? Curieux, non ?

Dûment interrogé, Thierry s’est souvenu qu’il provenait d’une machine italienne, une Italjet.

Et comme de nos jours, rien ne résiste à Internet, voici donc une image d’un cyclo de cette marque, comme il y en avait tant dans les années 60 :

italjet réservoir

Sans être indiscutable, la ressemblance des réservoirs est quand même bien marquée.

Voici une autre photo de la Terrot prise à l’occasion d’une exposition organisée par le Terrot-Club de Ballancourt.

Noire A2

Et là, il n’y a pratiquement plus de doute.

Il manque beaucoup de choses, car la machine était en cours de rénovation, et ce n’est que quelques temps plus tard qu’elle prendra son aspect définitif actuel.

Depuis, nous avons eu l’occasion de la voir de près, notamment lors du rassemblement annuel du Terrot-club de France en 2010, qui se passait cette année-là dans le fief Nougier, à Saint Andiol, quelques kilomètres au sud d’Avignon, et nous y étions : vous pouvez vous reporter à la page :

http://charlescamberoque.unblog.fr/2010/10/06/un-dimanche-a-st-andiol/ 

où vous retrouverez cette machine sous des angles moins connus, notamment la vue de dessus qui permet d’apprécier la finesse d’ensemble.

Et depuis, Thierry guette les belles journées pour aller se promener avec, ou bien avec sa 125 Ténor un peu « spéciale », que vous trouverez à la page suivante :  http://charlescamberoque.unblog.fr/2012/11/04/la-tenor-de-philippon/

Voilà donc pour « la Noire ».

Mais ce n’est que tout récemment que Thierry nous a finalement appris que sa première Terrot n’était pas une 175 Rallye, mais une 175 Tournoi, dont voici un bel exemplaire, vue sur un site bien connu de petites annonces.

 2-tournoi-175-cote-droit-

Comme on le voit, il s’agit d’une machine plutôt « touriste », notamment dotée d’éléments de carrosserie très enveloppants, dont un superbe carter de chaîne secondaire.

Pourtant elle partage une grande majorité de pièces avec la 175 Rallye, dont le cadre et les suspensions, et toute la mécanique à l’exception de quelques pièces qui permettaient à la puissance de passer des 10cv de la Tournoi aux 15cv de la Rallye (puissances à la roue arrière, selon les données constructeurs)

3-tournoi-cote-gauche

Et même s’il ne nous en a jamais parlé, on imagine volontiers que Thierry avait sans doute fait subir quelques modifications à la partie cycle pour lui donner un style plus sportif.

Par contre, il nous a raconté comment, grâce aux bonnes relations que son père avait à l’usine de Dijon, le moteur de sa Tournoi avait pu devenir un moteur de Rallye.

Mais cela n’était sans doute pas suffisant, et lui et son frère ont donc cherché à améliorer encore le moteur, ce qui les avait conduits à se tourner vers des pièces Honda pour palier à la pénurie de pièces Terrot, notamment les bielles, alors que la marque avait cessé de produire en 1961.

Et parmi les modifications un temps envisagées, il y a eu l’essai d’une bielle de 450 Honda.

L’expérience a fait long feu, mais Thierry nous a récemment montré l’embiellage ainsi équipé, qu’il a tenu à conserver, et sur lequel on voit bien que la tête de la bielle Honda déborde assez largement des masses du vilebrequin Terrot, sans parler de sa longueur.

4-Bielle-

Mais quelques mois plus tard, l’arrivée de la CB 350 sur le marché français permettait de trouver une solution nettement plus viable puisqu’elle est encore utilisée de nos jours par Thierry. 

Comme on le voit ci-dessous, l’écart entre les deux bielles, 175 Terrot et CB 350 Honda, n’est pas très important, et le montage a une allure nettement plus « raisonnable » :

5-bielles-vilo 

Mais au total, nous n’avons pas vraiment de photos des machines utilisées par Thierry à cette première époque, et nous allons donc nous limiter à parler de celles dont nous connaissons l’existence aujourd’hui.

On va donc commencer par l’exemplaire « standard », c’est-à-dire le plus parfaitement conforme à l’état de sortie d’usine.

Il s’agit d’un exemplaire parmi les plus parfaits qui soient, dans un état absolument irréprochable, au point d’avoir été retenu par les organisateurs du salon Rétromobile en 2010, à l’occasion duquel a été prise la photo ci-dessous.

6-retromob-philip-2010

Tout, absolument tout, est conforme aux modèles d’origine, sans oublier, ultime détail rarement présent, la pompe type « pompe à vélo », installée à l’emplacement prévu par le constructeur sur le bras oscillant, afin de pouvoir regonfler les pneus si le besoin s’en faisait sentir.

Plusieurs amateurs possèdent des Rallye en très bon état, notamment François Fernandez, (ancien équipier, ou passager, du sidecariste Joseph Duhem, plusieurs fois champion de France dans les années 60), qui a eu la chance d’en trouver une oubliée au fond du magasin d’un ancien concessionnaire de la marque, et qui n’avait alors que 44 km au compteur.

Allez lire le blog de François, https://francoisfernandezmoto.wordpress.com/2016/11/02/terrot-rallye-175-1959/ vous y trouverez une belle série de photos.

7-bleu-et-compteur

Et entre sa Rallye « état concours » et « la Noire » », Thierry en possède d’autres qui illustrent les différentes étapes des évolutions qu’il leur a fait subir. 

Je vais essayer de les mettre dans l’ordre. Il y aura donc « la Bleue à bracelets », et la « Jaune racing ».

Et cette série s’achève avec celle dont Thierry vient de terminer la réalisation, et dont nous vous avons permis de suivre toute la progression depuis sa mise en chantier : Sprint final chez Thierry Philippon

 

 

La bleue à bracelets

Voici donc une première version encore assez proche du modèle de série, au point que vous pourriezvous demander ce qu’elle a de vraiment particulier sinon quelques détails ici et là.

Et pour commencer, elle conserve sa couleur bleue d’origine. 

Mais vous allez voir qu’en fait, elle commence déjà à bien se démarquer du modèle standard.

Alors, première chose visible, pourtant d’origine Terrot, le croissant mauve qui entoure la zone chromée du réservoir.

Il reprend la même forme que le croissant blanc du réservoir des Ténor.

Mais Terrot n’a pas généralisé cette décoration sur toutes les Rallye, et ça valait donc la peine de le signaler, car elles ne sont pas si nombreuses.

Et je ne sais pas ce que vous en pensez, mais je trouve ça assez esthétique.

8-Bleu-bracellet-cote-droit

Vient ensuite la curieuse forme du tube d’échappement. Le tube d’origine passe trop près du sol dans les virages.

Donc il a été modifié pour passer plus haut, mais il faut alors contourner le bossage du carter dans lequel passe la commande de l’embrayage, d’où cette forme en escalier qu’on retrouvera ensuite sur d’autres machines de Thierry, et notamment sur la Noire qu’on a vue plus haut.

Et bien sûr, le silencieux ovoïde d’origine cède la place à un superbe mégaphone, soutenu par une tige accrochée tout en haut du cadre, sous la selle, tout près de la fixation de l’amortisseur arrière.

C’est l’occasion de remarquer une autre différence, avec le remplacement des amortisseurs d’origine par des modèles de marque IKON, anciennement KONI.

On remarque aussi un changement au niveau du repose-pied, avec un levier de sélecteur ajouré qui commande une tringlerie de renvoi pour actionner la commande de boite à vitesses, dans le meilleur style racing.

Un petit coup de zoom permet de mieux voir ce montage.

9-détail-175-Terrot-Thierry-Philippon

On voit un peu mieux le repose-pied, dont on devine qu’il est installé sur un support qui vient s’accrocher sur le cadre, juste en arrière de la béquille.

Et c’est aussi l’occasion de remarquer que le carburateur Gurtner d’origine a laissé la place à un modèle italien, Dell’Orto, de type  »racing », en principe un SSI25.

En fin connaisseur de l’histoire de ces machines, Thierry explique que le prototype de la Rallye avait été présenté avec ce type de carburateur, mais que Terrot l’avait remplacé par un modèle Gurtner, moins onéreux.

Au passage, les connaisseurs auront remarqué que le bouchon de la jauge d’huile sur le carter de boite à vitesse porte désormais un tuyau de reniflard, ce qui laisse supposer que ces carters ont été décloisonnés, sujet dont nous reparlerons une autre fois.

Enfin, toujours sur cette photo, on voit une gaine de câble rouge qui semble contourner le garde-boue  arrière et filer vers le moyeu arrière.

C’est la commande de frein arrière, qui remplace avantageusement la tringlerie d’origine, qui à partir de la pédale de frein située à gauche, traversait le cadre avant d’actionner une tige située en dessous du bras oscillant, derrière le silencieux. Le câble est une solution nettement plus simple.

Quant au repose-pied du passager, il n’y en a plus.

Adieu donc au passager,… ou à la passagère…

Mais ce n’est pas fini, il faut maintenant examiner l’autre côté.

10-bleu-c-gauche

De ce côté-ci, le montage du repose-pied apparait plus évident puisqu’il n’est pas masqué par le pot d’échappement.

On devine la pédale de frein, et le départ de la gaine rouge, et aussi un contacteur de feu stop

On remarque l’absence de la pédale de lanceur, mieux connue sous le vocable de « Kick-Starter », et par contre, on observe la présence d’une prise de compte-tour au beau milieu du carter de volant magnétique, dans le prolongement de l’axe du vilebrequin.

Et maintenant, il est temps de parler du poste de conduite, dont les plus attentifs auront noté qu’il semble passablement différent de l’original.

En effet, toujours dans l’esprit « équipé racing » des années 60, le remplacement du guidon d’origine par des guidons à bracelets s’imposait.

Alors Thierry a fait cette modification incontournable, mais en s’attachant à conserver le boitier du phare d’origine,la fameuse « tête de lapin » qui existait déjà sur les Terrot d’après-guerre.

11-bleue-bracelet-cpte-tour-compteur-DSC03937

Celle-ci a donc été soigneusement découpée pour permettre le montage des fameux bracelets.

Sur cette même vue plongeante, on retrouve la prise de compte-tour sur le carter d’allumage, dont le câble rejoint le petit boitier d’affichage implanté devant le levier d’embrayage, tandis qu’un superbe compteur circulaire remplace le minuscule compteur triangulaire d’origine de la Rallye.

Finissez par une paire de levier de frein et d’embrayage munis de boules façon « racing », et voici un dernier aperçu du poste de conduite, tel qu’il se présente devant le conducteur.

12-vue-de-dessus

Et bien sûr, on retrouve les petits autocollants « Champion de France » sur le réservoir, dont il a déjà été question dans le premier article, et qui font gagner au moins 2 à 3 km/h en vitesse de pointe, je n’y reviens pas…

La « Jaune racing »

Si vous allez dans le livre de Patrick Negro, « La Terrot de mon père », à la page 100, vous y trouverez cette photo que Thierry avait déjà évoquée sur ce blog :

13-Jaune-droit-

La parenté avec la Noire est évidente.

Mais cette fois-ci, il s’agit bien d’une moto montée par Thierry, et cette fois, elle a une histoire un peu moins simple.

Thierry nous a fait passer une photo quasi « historique » de cette machine :

100_3413

En jouant rapidement au « jeu des 7 erreurs », on relève les carters et le couvre-culbuteur peints en noir, le réservoir d’huile qui est une version « retaillée » du modèle d’origine, la selle d’un modèle un peu différent, et les amortisseurs Lelaurain, accessoiriste parisien qui avait produit un modèle spécialement destiné à la Rallye, et dont on voit encore parfois quelques exemplaires.

Le réservoir d’essence bleu ayant fini par tenter un amateur qui l’a subtilisé à l’occasion d’un séjour de Thierry en Provence.

Il fut donc remplacé par l’exemplaire « pailleté or ».

Par la suite Thierry ne l’ayant pas conservée, elle est passée par un musée d’un de ses amis charentais (d’où l’inscription sur le carénage « Jarnac Motos et Loisirs », entreprise aujourd’hui disparue), avant de rejoindre la région de Dijon.

Mais fin 2011/début 2012, on la voit sur un site d’annonce bien connu (que certains qualifient parfois d’un surnom évoquant un palmipède !), avec les trois photos suivantes en illustration :

14-175-bon-coin-

La moto a perdu son joli carénage, et son réservoir en polyester a été remplacé par un réservoir en aluminium.

On voit apparaître un garde-boue avant, et le long mégaphone chromé a été remplacé par un exemplaire noir mat, plus court et doté d’un important contre-cône.

Mais il s’agit bien de la même machine.

Et à l’époque, le vendeur en demandait 5800 €.

On a alors perdu sa trace jusqu’au printemps 2015.

En lisant la liste des engagés de la Ventoux Classic de cette année-là, j’avais repéré qu’il y aurait une Terrot 175 Rallye.

Et le moment venu, dans le paddock du Groseau, à Malaucène, on a découvert ceci

la-jaune-03

 C’était bien la moto de l’annonce de 2012, conduite par un des membres du club Arbracam de Dijon.

En discutant un peu avec le pilote, j’ai appris qu’elle appartenait à un de ses amis, et qu’elle fonctionnait parfaitement, comme on pu le constater tout au long de la journée, au cours de laquelle elle a effectué plusieurs montées, apparemment sans le moindre souci, et en manifestant au contraire une belle « santé ».

Reste la question du réservoir, dont le pilote pensait qu’il venait de l’atelier de Jean Nougier, le sorcier de Saint Andiol.

Consulté sur ce point, Jacky Bœuf, la mémoire vivante de l’équipe Nougier, a examiné la photo, et confirme qu’il n’en est rien.

16-grise-

On peut enfin signaler que Thierry a souvent aidé des amis à modifier leurs Terrot Rallye, et on en a quelques traces.

Ainsi cet exemplaire ayant appartenu à Jean Le Tallec, dont plusieurs machines figurent pourtant dans le livre de Patrick Negro, mais justement pas celle-ci :

Les-Terrot-de-Thierry-Philippon-Le-Tallec

Double allumage, carburateur Dell’Orto, amortisseurs Lelaurain, etc… 

Thierry est passé par là !

 

 

 

  »A dévorer comme un roman« 

écrit  Antoine Demetz dans L’Authentique, au sujet de mon livre Le circuit oublié.

Que vous pouvez commander par l’intermédiaire de ce blog en me contactant à la rubrique commentaires.

 

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