Le Terrotiste motomaticien mathécycliste

Mon vieil ami Jean-Paul, l’exilé de Tahiti, n’a pas tardé à réagir depuis sa lointaine île du Pacifique.Et lui aussi il ouvert la boîte à souvenirs. Il continue mon histoire qui est désormais la nôtre et c’est bien.
J’espère qu’il ne sera pas le seul à venir sur ce blog…

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Jean-Paul , motomaticien mathécycliste et
Sonneur de cornemuse !
Photo de Charles Camberoque prise en 1972…

Jean-Paul écrit:
« La Ténor de Camberoque ! M’en parlez pas ! ! Quelle histoire ! ça fait bien 40 ans que je la connais.
A l’époque, je venais de découvrir l’existence des Grand Prix moto, le Continental Circus, Mike the Bike Hailwood, Agostini, Read, Ivy, et… Jack Findlay. Le Tourist Trophy, Charade et Montjuich… »

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Photo de Charles Camberoque prise à Charade en 1972

« …Mon circuit à moi, c’était la Route Minervoise à la sortie de Carcassonne, le long du Canal du midi, jusqu’au carrefour de Bezons, avec les S de la Someca, et celui de l’écluse… »

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« …A fond là-dedans avec mon Peugeot BB3 Sport, qui devait bien taper 90 km/h… »

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Sur la route Minervoise,
C Camberoque sur la 500 Kawa, notre circuit favorit, en 1970 . Photo : J Bigou

« … Camberoque? Le peintre? Un copain de mon père; dont je connaissais forcément le fils, avec qui j’avais plus ou moins souvent astiqué les bancs de certaines salles de classe. Sans se fréquenter régulièrement et systématiquement on se voyait, on causait de choses et d’autres, tiens,… au hasard,.. de ski. Mais pas trop de moto jusqu’au jour où je l’ai vu sur une Terrot toute rouge, près de chez lui, rue Antoine Marty, avec des copains.
« Ah, oui, super, une 125, ça c’est quelque chose, ça doit avancer autrement que mon 50cc. Tu me fais essayer? »
Après, c’est comme il le raconte : les bracelets, le gros phare noir (de Traction, je crois, sauf qu’il ne dit pas qu’il l’avait monté sur une patte unique qui n’a pas résité aux vibrations…)
le grand guidon corne de vache pour faire du moto-cross, tu parles d’un sacrilège, et je te dis pas ce que le cadre a pris au passage… »

« … Après, il y a eu la 500 BSA,… »

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Ma 500 BSA A7 achetée à Montauban en 1970, photo C Camberoque

« … la Yamaha 250 YDS3, la Kawa 500 trois cylindres,
la Bultaco 250 Metralla kitée, … »

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C Camberoque sur sa Bultaco Metralla se prend pour un champion ! Pfuut !!!
(Admirez « la modestie » du salut à la foule en délire qui borde le Circuit de Nogaro !!!)
Photo prise par Jeau Paul Augé en 1970.
En ce temps-là on arrivait sur le circuit sans crier gare et on tournait tant qu’on voulait.

… la Yamaha Trail 125, la Sherpa de Castella l’architecte…

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Justement là, c’est Jean Paul qui joue les Sammy Miller, sur la sherpa de Castella
dans une montée que nous jugions « infernale ».
Photo C Camberoque 1970.

« … On écoutait le disque du Tourist Trophy de 1967, Hailwood sur la Honda 6 en train de taxer la Yamaha 4 de Phil Read, à fond dans Cronk-y-Woody Straight,

et nous l’oreille collée sur le haut-parleur pour ne pas perdre un seul décibel… »

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Casabona que nous avions rencontré à Nogaro sur une Ossa préparée par son père que nous admirions. Photo C Camberoque 1970.

« …Pour ma bécane, il fallait que je m’auto-finance, assez pour me payer celle qu’on m’avait indiqué à Laure-Minervois (y a un circuit de moto-cross là-bas), une Terrot Rallye 175. Tout pareil que la Ténor de Camberoque, mais avec un cylindre plus gros et le double de puissance, carrément, 15cv, un avion, tu rigoles ou quoi ? … »

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Elle était comme ça, ( au début ), la Rallye de Jean Paul et j’en rêve encore.
Je ne désespère pas d’ailleurs de trouver un jour encore une Super Ténor …

« … Juste avant, j’avais un peu roulé avec le moto-club, les Jeunes Lièvres du père Cambiès, avec leurs motobécanes 75cc 5 vitesses dont les pots de détente tympanisaient toute la ville.
Et la 450 Honda du Chapus, en tube (sans silencieux) sur le boulevard devant le commissariat en pleine nuit, ça aussi, quelle musique…
Et le permis moto sur la 350 NSU de l’auto-école Séguy (tè, j’ai retrouvé le fils à Tahiti, où il fait auto-école lui aussi, tu le croirais pas toi, que ce monde est aussi petit? la preuve….).
Puis la vie, le boulot, et le reste… d’autres copains. C’est pas qu’on était loin, lui à Montpellier, moi à Aix, puis près d’Avignon, mais bon… on s’est perdu de vue presque 25 ans. Va savoir pourquoi…
Et un jour Internet, une adresse e-mail, et la phrase fétiche : « Si tu es bien le photocycliste motographe, tu as le bonjour d’un motomaticien mathécycliste.
Tu as toujours la Ténor ? oui, et toi, la Rallye ? oui, oui, aussi… »
La Rallye
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« …Mais dans les deux cas, y a du boulot. Tu parles. Ma Rallye est bleue, mais elle a un amorto et une pédale de frein rouges, et devinez d’où ça sort, ces morceaux ? de la Ténor de Camberoque, té pardi…. Parce que le jour où j’ai un peu cartonné en allant le voir, en juin 70, il n’a pas hésité à me laisser canibaliser sa Ténor pour retaper ma Rallye. Déjà un peu avant, il m’avait filé son capotage de phare que j’avais découpé pour permettre de monter les bracelets sur la Rallye. Il peut le chercher son capotage, je sais même plus ce que j’en ai fait. Et puis, tout ça était dans la cave de mes parents. Je lui ai retrouvé le bidon rouge de la Ténor, avec son décor noir et encore les traces de l’autocollant publicitaire du magasin Motobécane de ce pauvre Peters, un gars du Nord venu s’installer dans le Midi, qui s’est tué en bagnole, lui, sa femme et ses gosses quelques années à peine plus tard.

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 Le bidon de la Ténor avec les vieux autocolants de Pierre Peters qui disparaissent, eux aussi…

 
Peu après nos retrouvailles, qui ont fait tellement plaisir à nos pères respectifs, la Ténor est revenue de Carcassonne à Montpellier. La Rallye aussi a suivi le même chemin jusqu’à Avignon. Si cette dernière est assez complète et en assez bon état, la Ténor fait un peu figure. Les jantes sont mortes, bouffées par la rouille, façon dentelle…

A la brocante moto de Sommières, avec Camberoque, on trouve la Roue Provençale, Monsieur Linsolas, qui rayonne toutes les roues à quelques kilomètres au sud d’Avignon, près de Noves. Il refait les roues de la Ténor, avec des jantes neuves, ça brille super. Je me souviens du jour où je suis allé chez lui pour les récupérer. Je me suis pointé avec ma Yamaha FJ, qui n’a pas de porte-bagages, alors il a fallu trouver une solution pour fixer les roues de la Ténor. Pendant ce temps, en regardait les roues à batons de la Yam, Mr Linsolas voyait son mêtier mourir devant lui.

 
Le cadre de la Ténor portait les stigmates des séances de motocross, fendu et ressoudé près de la colonne de direction. Beaucoup de pièces manquantes, gros chantier en perspective. Mais le piston pistonne, l’embiellage embielle bien, rien n’est perdu. Le puzzle devrait bien finir par prendre tournure. Sauf qu’entre temps, j’ai foutu le camp à Tahiti pour 4 ans pour bosser… »
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Un dessin de Jean-Paul représentant Mike the Bike et qui décorait un des murs du premier magazin Honda de Carcassonne en 1971.

« …Espère, ça se termine, je reviens dans quelques mois….
Les affaires reprendront. La Ténor roulera, la Rallye aussi, tout comme ma FJ. Ah au fait, Camberoque lui aussi, bizzarement, a une Yam FJ. Curieux, non ??? Je nous vois bien avec notre petite écurie, deux Terrot, deux FJ, en train d’organiser nos ballades.
Et puis, il y a les délires futurs, style café-racer, en gros mono, type Yam SR, montée en bracelets et commandes reculées, selle monoplace et réservoir long. Parce que les Terrot, il va falloir les ménager, les mamies, et que même à nos âges, le « taquet » reste une drogue dure.

40 ans que ça dure cette histoire, et ce n’est pas fini… »

Jean Paul Augé
Tahiti 14 Mars 2008


Archive pour mars, 2008

Ma Ténor retrouvée

Ma Ténor retrouvée

 Par C Camberoque

Raconter l’histoire de ma Terrot Ténor c’est raconter aussi un peu la mienne.
Tout à commencé un jour de juillet où je faisais du ski d’été à Val d’Isére. Et oui, à quinze ans, j’aimais tellement le ski que je ne pouvais me résoudre de ne pas en faire, même en été !
Après une longue matinée sur le glacier du Pisaillas au col de l’Iseran, (en juillet on ne pouvait y skier que de 5 h du mat à 13 h), quelle ne fut pas ma surprise de croiser en redescendant sur la vallée des dizaines et des dizaines de motos… et même des side-cars, j’en avais jamais vu en vrai !

Moi qui croyais qu’il n’existait plus que des pétoires antédiluviennes utilisées par des vieux grands-pères nostalgiques pour aller tailler leurs vignes au fin fond des Corbières.

Chamois Val d'Isère  1970
Je découvrais des engins épatants qui remontaient la route du col à des vitesses que je ne pouvais pas imaginer, dans un bruit terrifiant qui me faisait hérisser mes petits poils d’adolescent !

Incroyable !

Et puis, avec ces motocyclettes, pas besoin d’avoir de la neige pour se griser de vitesse ! Pas besoin de remonte-pente, toutes les routes du pays sont à vous…

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Un bitza de mes rêves ! Photographié à Val d’Isère, Chamois 1968. Photo C Camberoque

Je me souviens avoir déambulé dans les rues de Val d’Isère rêvant déjà devant ces merveilleuses machines pendant les deux jours que durait la concentration des Chamois. Le ski me semblait tout à coup fade.

Et puis il y avait cette ambiance extraordinaire avec des motards qui se retrouvaient, venus des quatre coins de l’Europe, déjà…

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Val d’Isére Chamois 1967 : Photo Charles Camberoque qui ne savait pas encore
qu’il deviendrait photographe et passionné de moto!

…Au milieu de haies humaines de cuir vêtu, un Allemand faisait des démarrages terrifiants sur une Munch Mammouth.

Voyez-vous ça!..une moto avec un moteur de bagnole et de NSU en plus !

Tandis que Claude Peugeot, « Le Grand Claude », et la bande à Coutard, le père, montaient toute l’avenue et filaient en grimpant sur les pistes : « Tous sur la roue arrière ! » (Charles était un petit enfant, que je rencontrerais quelques années plus tard mais qui évoluait déjà sur une mini-moto, à base de 50cc, que lui avait construite le Papa).

Je n’avais jamais vu de choses pareilles dans mon Carcassonne natal !

Et, à partir de ce jour, j’allais me contenter de rêver tous les jeudis avec « Moto Revue » que je lirais sans arrêt, toute la semaine jusqu’au numéro suivant…

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Dans ces années-là, allez trouver une moto au fin fond de la province…

Et ne me parlez pas de mobylette, après ce que j’avais vu à Val.

Puis, on a tous connu ça : Attendre 16 ans… et « Passe ton permis d’abord » !
J’ai fini par l’avoir et tout ce temps d’attente m’avait permis de faire des économies.
En plus, dans ma famille d’artistes, je ne pouvais sûrement pas trouver mieux pour faire chier mon père, que de vouloir faire de la moto.

C’est un peu l’histoire du fils de beatniks qui veut devenir comptable.

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Je l’ai dégotée, cette fantastique Terrot Ténor dans les Pyrénées Audoises, en 1967.

Je l’avais achetée pour 750 francs à un bûcheron qui préférait l’usage de sa Dauphine. Elle était de 1959, même pas 10 ans d’âge !

J’étais le plus heureux de la terre.
Mais quand il a fallu aller la chercher, je me suis aperçu qu’en matière de deux roues, je n’avais piloté que ma bicyclette.

Pas moyen de démarrer en synchronisant l’accélérateur et l’embrayage. J’ai cru que je n’y arriverais jamais, mais je l’avais payée et ce con de bûcheron qui se foutait maintenant de ma gueule !

À la fin, pour que je ne cale pas, il m’a proposé de me pousser comme on tient les gamins qui montent à vélo pour la première fois …

Et je suis parti escorté par mon ami Dominique qui avait emprunté pour l’occasion la Simca 900 de sa mère.

Simca que nous mettrions sur le toit ,un peu plus tard , en faisant des dérrrrapages moyennement contrôles, mais ça c’est une autre histoire…

En chemin, je me souviens encore de mes angoisses à l’idée d’avoir à m’arrêter et de devoir redémarrer tout seul.

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Une Terrot rouge avec cette petite gueule de moto sportive italienne, je ne passais pas inaperçu et pendant longtemps elle fut une des seules motos roulant dans ma ville de Carcassonne.
J’adhérais à l’Union des Motocycliste de l’Aude, L’UMA. J’avais La Grosse Cylindrée !!!

Avec les Jeunes Lièvres, nom de la section des jeunes du club… tout un programme! Nous partirions à Val d’Isère, faisant la une des journaux locaux. Plus de 1000 Kms en mobylette et en 125. Rendez-vous compte !!! Un événement dans l’Aude !

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Sur la photo prise à notre arrivée à Val d’Isère : mes vieux copains d’alors que j’ai perdu de vue depuis bien longtemps. Les Cambiès, père et fils et Michel Sanchez que nous appelions La Limande et parfois Le mal assis… Qu’êtes-vous devenus ? 

On peut voir ma Ténor en guidons bracelets, sur la droite, qui a subi des modifications première époque, dont j’étais fier mais qui me donnent beaucoup de soucis maintenant pour retrouver les pièces éliminées alors pour alléger !!! Pensez-vous moi qui faisais bien déjà mes 80 kg. Ce qui m’intrigue c’est la hauteur de la prise de vue alors qu’on voit mes pieds en bas de l’image qui laissent supposer que je suis à demi couché. C’est un mystère photographique.

 

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Guidon bracelet et phare de traction : Ma Ténor dans son époque « Racing »

Dans un deuxième temps, la Ténor sera équipée pour faire du Moto Cross.
Ce qui signifie pour moi maintenant : Perte encore de nombreuses pièces pour des résultats peut convaincants.

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Comme vous pouvez le constater sur la photo : Hélas, j’aurais toujours rêvé de savoir faire de la roue arrière sans jamais y arriver vraiment.

 

Bon je vous laisse, j’ai les restes de ma Ténor à retrouver…
Si j’y arrive pas, la prochaine fois
je vous donnerai la recette du Cassoulet.

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