Ma Ténor retrouvée

Ma Ténor retrouvée

 Par C Camberoque

Raconter l’histoire de ma Terrot Ténor c’est raconter aussi un peu la mienne.
Tout à commencé un jour de juillet où je faisais du ski d’été à Val d’Isére. Et oui, à quinze ans, j’aimais tellement le ski que je ne pouvais me résoudre de ne pas en faire, même en été !
Après une longue matinée sur le glacier du Pisaillas au col de l’Iseran, (en juillet on ne pouvait y skier que de 5 h du mat à 13 h), quelle ne fut pas ma surprise de croiser en redescendant sur la vallée des dizaines et des dizaines de motos… et même des side-cars, j’en avais jamais vu en vrai !

Moi qui croyais qu’il n’existait plus que des pétoires antédiluviennes utilisées par des vieux grands-pères nostalgiques pour aller tailler leurs vignes au fin fond des Corbières.

Chamois Val d'Isère  1970
Je découvrais des engins épatants qui remontaient la route du col à des vitesses que je ne pouvais pas imaginer, dans un bruit terrifiant qui me faisait hérisser mes petits poils d’adolescent !

Incroyable !

Et puis, avec ces motocyclettes, pas besoin d’avoir de la neige pour se griser de vitesse ! Pas besoin de remonte-pente, toutes les routes du pays sont à vous…

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Un bitza de mes rêves ! Photographié à Val d’Isère, Chamois 1968. Photo C Camberoque

Je me souviens avoir déambulé dans les rues de Val d’Isère rêvant déjà devant ces merveilleuses machines pendant les deux jours que durait la concentration des Chamois. Le ski me semblait tout à coup fade.

Et puis il y avait cette ambiance extraordinaire avec des motards qui se retrouvaient, venus des quatre coins de l’Europe, déjà…

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Val d’Isére Chamois 1967 : Photo Charles Camberoque qui ne savait pas encore
qu’il deviendrait photographe et passionné de moto!

…Au milieu de haies humaines de cuir vêtu, un Allemand faisait des démarrages terrifiants sur une Munch Mammouth.

Voyez-vous ça!..une moto avec un moteur de bagnole et de NSU en plus !

Tandis que Claude Peugeot, « Le Grand Claude », et la bande à Coutard, le père, montaient toute l’avenue et filaient en grimpant sur les pistes : « Tous sur la roue arrière ! » (Charles était un petit enfant, que je rencontrerais quelques années plus tard mais qui évoluait déjà sur une mini-moto, à base de 50cc, que lui avait construite le Papa).

Je n’avais jamais vu de choses pareilles dans mon Carcassonne natal !

Et, à partir de ce jour, j’allais me contenter de rêver tous les jeudis avec « Moto Revue » que je lirais sans arrêt, toute la semaine jusqu’au numéro suivant…

latenordes125.gif

Dans ces années-là, allez trouver une moto au fin fond de la province…

Et ne me parlez pas de mobylette, après ce que j’avais vu à Val.

Puis, on a tous connu ça : Attendre 16 ans… et « Passe ton permis d’abord » !
J’ai fini par l’avoir et tout ce temps d’attente m’avait permis de faire des économies.
En plus, dans ma famille d’artistes, je ne pouvais sûrement pas trouver mieux pour faire chier mon père, que de vouloir faire de la moto.

C’est un peu l’histoire du fils de beatniks qui veut devenir comptable.

compteurpermis.gif

Je l’ai dégotée, cette fantastique Terrot Ténor dans les Pyrénées Audoises, en 1967.

Je l’avais achetée pour 750 francs à un bûcheron qui préférait l’usage de sa Dauphine. Elle était de 1959, même pas 10 ans d’âge !

J’étais le plus heureux de la terre.
Mais quand il a fallu aller la chercher, je me suis aperçu qu’en matière de deux roues, je n’avais piloté que ma bicyclette.

Pas moyen de démarrer en synchronisant l’accélérateur et l’embrayage. J’ai cru que je n’y arriverais jamais, mais je l’avais payée et ce con de bûcheron qui se foutait maintenant de ma gueule !

À la fin, pour que je ne cale pas, il m’a proposé de me pousser comme on tient les gamins qui montent à vélo pour la première fois …

Et je suis parti escorté par mon ami Dominique qui avait emprunté pour l’occasion la Simca 900 de sa mère.

Simca que nous mettrions sur le toit ,un peu plus tard , en faisant des dérrrrapages moyennement contrôles, mais ça c’est une autre histoire…

En chemin, je me souviens encore de mes angoisses à l’idée d’avoir à m’arrêter et de devoir redémarrer tout seul.

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Une Terrot rouge avec cette petite gueule de moto sportive italienne, je ne passais pas inaperçu et pendant longtemps elle fut une des seules motos roulant dans ma ville de Carcassonne.
J’adhérais à l’Union des Motocycliste de l’Aude, L’UMA. J’avais La Grosse Cylindrée !!!

Avec les Jeunes Lièvres, nom de la section des jeunes du club… tout un programme! Nous partirions à Val d’Isère, faisant la une des journaux locaux. Plus de 1000 Kms en mobylette et en 125. Rendez-vous compte !!! Un événement dans l’Aude !

campementaval.gif

Sur la photo prise à notre arrivée à Val d’Isère : mes vieux copains d’alors que j’ai perdu de vue depuis bien longtemps. Les Cambiès, père et fils et Michel Sanchez que nous appelions La Limande et parfois Le mal assis… Qu’êtes-vous devenus ? 

On peut voir ma Ténor en guidons bracelets, sur la droite, qui a subi des modifications première époque, dont j’étais fier mais qui me donnent beaucoup de soucis maintenant pour retrouver les pièces éliminées alors pour alléger !!! Pensez-vous moi qui faisais bien déjà mes 80 kg. Ce qui m’intrigue c’est la hauteur de la prise de vue alors qu’on voit mes pieds en bas de l’image qui laissent supposer que je suis à demi couché. C’est un mystère photographique.

 

4aval.gif

Guidon bracelet et phare de traction : Ma Ténor dans son époque « Racing »

Dans un deuxième temps, la Ténor sera équipée pour faire du Moto Cross.
Ce qui signifie pour moi maintenant : Perte encore de nombreuses pièces pour des résultats peut convaincants.

tenorenrouear.gif

Comme vous pouvez le constater sur la photo : Hélas, j’aurais toujours rêvé de savoir faire de la roue arrière sans jamais y arriver vraiment.

 

Bon je vous laisse, j’ai les restes de ma Ténor à retrouver…
Si j’y arrive pas, la prochaine fois
je vous donnerai la recette du Cassoulet.


Archive pour 13 mars, 2008

Ma Ténor retrouvée

Ma Ténor retrouvée

 Par C Camberoque

Raconter l’histoire de ma Terrot Ténor c’est raconter aussi un peu la mienne.
Tout à commencé un jour de juillet où je faisais du ski d’été à Val d’Isére. Et oui, à quinze ans, j’aimais tellement le ski que je ne pouvais me résoudre de ne pas en faire, même en été !
Après une longue matinée sur le glacier du Pisaillas au col de l’Iseran, (en juillet on ne pouvait y skier que de 5 h du mat à 13 h), quelle ne fut pas ma surprise de croiser en redescendant sur la vallée des dizaines et des dizaines de motos… et même des side-cars, j’en avais jamais vu en vrai !

Moi qui croyais qu’il n’existait plus que des pétoires antédiluviennes utilisées par des vieux grands-pères nostalgiques pour aller tailler leurs vignes au fin fond des Corbières.

Chamois Val d'Isère  1970
Je découvrais des engins épatants qui remontaient la route du col à des vitesses que je ne pouvais pas imaginer, dans un bruit terrifiant qui me faisait hérisser mes petits poils d’adolescent !

Incroyable !

Et puis, avec ces motocyclettes, pas besoin d’avoir de la neige pour se griser de vitesse ! Pas besoin de remonte-pente, toutes les routes du pays sont à vous…

bitzadeval.gif
Un bitza de mes rêves ! Photographié à Val d’Isère, Chamois 1968. Photo C Camberoque

Je me souviens avoir déambulé dans les rues de Val d’Isère rêvant déjà devant ces merveilleuses machines pendant les deux jours que durait la concentration des Chamois. Le ski me semblait tout à coup fade.

Et puis il y avait cette ambiance extraordinaire avec des motards qui se retrouvaient, venus des quatre coins de l’Europe, déjà…

munchmamuth.gif
Val d’Isére Chamois 1967 : Photo Charles Camberoque qui ne savait pas encore
qu’il deviendrait photographe et passionné de moto!

…Au milieu de haies humaines de cuir vêtu, un Allemand faisait des démarrages terrifiants sur une Munch Mammouth.

Voyez-vous ça!..une moto avec un moteur de bagnole et de NSU en plus !

Tandis que Claude Peugeot, « Le Grand Claude », et la bande à Coutard, le père, montaient toute l’avenue et filaient en grimpant sur les pistes : « Tous sur la roue arrière ! » (Charles était un petit enfant, que je rencontrerais quelques années plus tard mais qui évoluait déjà sur une mini-moto, à base de 50cc, que lui avait construite le Papa).

Je n’avais jamais vu de choses pareilles dans mon Carcassonne natal !

Et, à partir de ce jour, j’allais me contenter de rêver tous les jeudis avec « Moto Revue » que je lirais sans arrêt, toute la semaine jusqu’au numéro suivant…

latenordes125.gif

Dans ces années-là, allez trouver une moto au fin fond de la province…

Et ne me parlez pas de mobylette, après ce que j’avais vu à Val.

Puis, on a tous connu ça : Attendre 16 ans… et « Passe ton permis d’abord » !
J’ai fini par l’avoir et tout ce temps d’attente m’avait permis de faire des économies.
En plus, dans ma famille d’artistes, je ne pouvais sûrement pas trouver mieux pour faire chier mon père, que de vouloir faire de la moto.

C’est un peu l’histoire du fils de beatniks qui veut devenir comptable.

compteurpermis.gif

Je l’ai dégotée, cette fantastique Terrot Ténor dans les Pyrénées Audoises, en 1967.

Je l’avais achetée pour 750 francs à un bûcheron qui préférait l’usage de sa Dauphine. Elle était de 1959, même pas 10 ans d’âge !

J’étais le plus heureux de la terre.
Mais quand il a fallu aller la chercher, je me suis aperçu qu’en matière de deux roues, je n’avais piloté que ma bicyclette.

Pas moyen de démarrer en synchronisant l’accélérateur et l’embrayage. J’ai cru que je n’y arriverais jamais, mais je l’avais payée et ce con de bûcheron qui se foutait maintenant de ma gueule !

À la fin, pour que je ne cale pas, il m’a proposé de me pousser comme on tient les gamins qui montent à vélo pour la première fois …

Et je suis parti escorté par mon ami Dominique qui avait emprunté pour l’occasion la Simca 900 de sa mère.

Simca que nous mettrions sur le toit ,un peu plus tard , en faisant des dérrrrapages moyennement contrôles, mais ça c’est une autre histoire…

En chemin, je me souviens encore de mes angoisses à l’idée d’avoir à m’arrêter et de devoir redémarrer tout seul.

terrot.gif

Une Terrot rouge avec cette petite gueule de moto sportive italienne, je ne passais pas inaperçu et pendant longtemps elle fut une des seules motos roulant dans ma ville de Carcassonne.
J’adhérais à l’Union des Motocycliste de l’Aude, L’UMA. J’avais La Grosse Cylindrée !!!

Avec les Jeunes Lièvres, nom de la section des jeunes du club… tout un programme! Nous partirions à Val d’Isère, faisant la une des journaux locaux. Plus de 1000 Kms en mobylette et en 125. Rendez-vous compte !!! Un événement dans l’Aude !

campementaval.gif

Sur la photo prise à notre arrivée à Val d’Isère : mes vieux copains d’alors que j’ai perdu de vue depuis bien longtemps. Les Cambiès, père et fils et Michel Sanchez que nous appelions La Limande et parfois Le mal assis… Qu’êtes-vous devenus ? 

On peut voir ma Ténor en guidons bracelets, sur la droite, qui a subi des modifications première époque, dont j’étais fier mais qui me donnent beaucoup de soucis maintenant pour retrouver les pièces éliminées alors pour alléger !!! Pensez-vous moi qui faisais bien déjà mes 80 kg. Ce qui m’intrigue c’est la hauteur de la prise de vue alors qu’on voit mes pieds en bas de l’image qui laissent supposer que je suis à demi couché. C’est un mystère photographique.

 

4aval.gif

Guidon bracelet et phare de traction : Ma Ténor dans son époque « Racing »

Dans un deuxième temps, la Ténor sera équipée pour faire du Moto Cross.
Ce qui signifie pour moi maintenant : Perte encore de nombreuses pièces pour des résultats peut convaincants.

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Comme vous pouvez le constater sur la photo : Hélas, j’aurais toujours rêvé de savoir faire de la roue arrière sans jamais y arriver vraiment.

 

Bon je vous laisse, j’ai les restes de ma Ténor à retrouver…
Si j’y arrive pas, la prochaine fois
je vous donnerai la recette du Cassoulet.

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