Ma Ténor avance : la peinture.

Ma Ténor avance : la peinture.

Par Charles Camberoque

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Bon, quand je dis qu’elle avance, je ne prétends pas qu’elle roule déjà comme une bombe.

Mais c’est sa restauration qui avance, dois-je le préciser !

… Et je suis bien content.

Pour qu’elle avance comme un avion, un jour sans nuages de poussières volcaniques, on verra plus tard.

En attendant de rouler sagement sur la Terrot Ténor de mes 16 ans, l’ami Philippon m’a confié quelques recettes à base de pistons magiques qui me font de plus en plus rêver…

Je vous rappelle donc que nous en étions là, photo suivante, lorsque les pièces étaient revenues du sablage et recouverte d’une première couche anti rouille.

Terrot Ténor : la peinture

Mon complice Mickie, le grand ordonnateur de cette grande œuvre, m’a envoyé les dernières photos prises chez le peintre…

… je ne peux pas résister à vous les montrer.

Terrot Ténor : la peinture

Le peintre a passé la première couche de gris sur laquelle Mickie a refait les filets sur le réservoir et les garde-boue.

Terrot Ténor : la peinture 

Pour cela il dépose un filet auto collant qui restera lorsque la couche suivante, de rouge, sera passée. Lequel auto colant sera enlevé par la suite, découvrant alors la couche de gris qui formera le mince filet caractéristique des Ténor et Rallyes.

Terrot Ténor : la peinture

Il y a donc plusieurs méthodes pour peindre les filets : Soit à main levée, mais il faut avoir un sacré coup de pinceau, soit avec ce système de caches  et en jouant ainsi avec la couche du dessous. Moins artistique mais bien plus scientifique et efficace.

piecespeintestenor.gif

Et voilà le travail, négligemment posé sur le capot de la Dodge de Mickie! Rassurez vous cette belle américaine a besoin de passer elle aussi chez le peintre. Et pour la restaurer Mickie aura là un sacré boulot.

 

Prochain épisode : Visite chez le chromeur…


Archive pour avril, 2010

Gérard Sellier et sa Terrot Lamontagne

 

Gérard Sellier et sa Terrot course ex R  Lamontagne

Par Charles Camberoque 

Gérard Sellier est un collectionneur heureux !

Il possède une 125 Terrot très particulière qui a été la machine de Roger Lamontagne, un coureur des années 50.

Gérard Sellier et sa 125 Terrot course de Roger Lamontagne 

Roger Lamontagne était concessionnaire Terrot à Paris. Son magasin était situé au 50 de la rue du château Landon dans le X eme arrondissement.

boutique de Roger Lamontagne dans les années 1955

La boutique de Roger Lamontagne en 1955 environ, Roger est à droite dans l’encadrement de la porte. Sur la vitrine, on peut lire Record du circuit de Bourgogne par Lamontagne sur Terrot

Gérard Sellier m’a envoyé une belle lettre ou il  parle de ses souvenirs et de cette belle machine.

Ce récit est trop beau ainsi, c’est pourquoi je le publie et vous l’offre dans son intégralité.

Salut Charles,

 

 Bon, je vais tâcher de faire court, et si tu veux un développement d’un moment, tu demandes.

1969, je dégote chez mes grands-parents une 125 ETM (j’ai alors 17 ans) pour remplacer le vélo qui me sert au quotidien. Rapatriement de l’engin (Terrot était un nom inconnu pour moi), dans ma banlieue nord et avec un copain, un tournevis et 3 clés plates, remise en route de la machine. Passage de la « licence » pour pouvoir piloter et découverte de la « boutique » de Lamontagne (le dernier à Paris) pour acheter quelques pièces. Ayant appris que Terrot avait été repris par Peugeot, j’étais directement allé me renseigner auprès de la marque du lion dans ses plus beaux locaux avenue de la Grande Armée, et miracle, j’avais obtenu l’adresse.

Les machines étaient aussi bien rangées qu’en 55…. le long d’un trottoir qui n’était que poinçonnement de béquilles et traces d’huile.

J’ai poussé la porte et fait la rencontre du bonhomme, ours impressionnant mais plein de bonne humeur et de malice, le cigare à la bouche y compris au dessus du 1/2 jerrycan US plein d’essence pour nettoyer les pièces….

Il n’était pas chien avec l’étudiant fauché que j’étais et lors de mes nombreuses visites, il lui arrivait d’oublier de facturer  une pièce.

terrotgsellier.gif La 125 Terrot de Gérard Sellier

Cela m’a permis de remettre en route ma 125 à petit prix…. et de passer des heures à discuter, notamment de cette machine de course cachée derrière la porte et qui narguait tout visiteur à sa sortie, toute de noire vêtue et arborant une plaque de concurrent n° 59.

J’ai petit à petit tout su d’elle,  les jantes italiennes, les bracelets Saker, le réservoir d’huile modifié et quelques indices sur la préparation moteur, mais à la question « Elle n’est pas à vendre ? », la réponse est sortie dans un éclat de rire « Ah, ah, ah, mon p’tit pote, elle a même plus de carbu…. », en gros discussion close !

Notre amitié s’est renforcée au fil du temps, et j’étais très fier d’aller « aux pièces » à Fontainebleau ou pour assister à une partie de chasse à Villers-Cotterêts emporté tambour battant dans sa grosse Ford Capri grise.

 1972 : rencontre avec ma chère et tendre (Roger l’adorait, il n’avait pas eu de fille et elle était morvandelle !) 1973 : armée, 1974 : mariage ….. et en 79 / 80 il a commencé à fermer son échoppe, surtout faute de pièces, et c’est tout naturellement qu’à chacune de mes visites il a pris l’habitude de me donner  de l’outillage, des machines plus ou moins complètes, des pièces…. mais pas question de toucher à la 59, c’était un sujet tabou !!! Vieux machin….!!!!

 

125 Terrot course de Roger Lamontagne 

 

 Finalement un jour, il me l’a proposée, car un client pressant s’y intéressait. … et c’était Thierry, mais je ne l’ai su que bien plus tard.

Je l’ai payée 2000 F, sans carbu, alors il m’en a acheté un neuf, mais pas aussi performant que l’original, à son avis !

C’est par camionnettes et remorques que j’ai emmené tout ce qu’il m’a donné jusqu’à ce qu’un cancer l’emporte en décembre 87.

 Tout est resté stocké dans une maison de campagne jusqu’en 94 où mon fils m’a demandé s’il était possible d’en faire tourner une et le virus m’a repris, tout d’abord sur mes stocks car il n’y avait pas alors de refabrications, puis l’engouement général pour les anciennes a rattrapé mon artisanat solitaire. Les premières « vraies » restaurations ont été celles de ma vieille ETM, et simultanément celle de la 59. Tournant à l’huile de ricin pure, j’ai passé des heures à nettoyer tous les conduits de lubrification.

 Avec mes enfants nous totalisons 3 participations aux Coupes à Montlhéry, et c’est là que Thierry est tombé en arrêt (il n’y a pas d’autre mot) devant la machine qui lui était passée sous le nez plus de 20 ans auparavant. Je le revois encore la désignant du doigt et affirmant « C’est celle de Lamontagne ! » Eh oui, Thierry, elle n’avait pas disparu.

 

125 Terrot course de Roger Lamontagne 

 

La plus grande difficulté aujourd’hui est de faire tourner ce petit 125 trop bruyant au goût des voisins, et les sorties sont d’autant plus rares que notre petit coin de campagne possède une forte densité de gyrophares bleus…

J’ai maintenant 57 ans, en inactivité car ancien d’EDF, et je consacre mon temps libre à refaire mes machines, surtout celles des autres, mais également à transmettre mon savoir à des jeunes croisés au détour du net.

 Je ne suis pas spécialement attiré par les machines de course, la 59 est la seule que je possède, mais tu sais maintenant la charge sentimentale qu’elle représente, y compris pour mes enfants qui ont connu Roger.

 

 terrot hd

 

J’ai donc un certain nombre de machines, du Lutin à la 500, mais tout en après-guerre. Les avant-guerre, je les refais  pour les autres et ça suffit à mon bonheur.

Voilà, Charles, tu en sais un peu plus aujourd’hui, mais l’important ce n’est pas moi, ce sont ces gars admirables  qui osaient piloter des Manx ou des Vélocette en pull au ras des trottoirs ou rester au guidon d’une 125 durant 24 heures !

Gérard Sellier              

Mars 2010


Gérard Sellier et sa Terrot Lamontagne le-circuit-oublie-carcasson

souscription

Roger Lamontagne sur sa 500 Vélocette 

Effectivement, Thierry Philippon (grâce à qui j’ai été en contact avec Gérard) se souvient bien de Roger Lamontagne « qui était originaire du Morvan et avait un très fort accent Morvandiau ».

Thierry revoit encore dans sa mémoire cette boutique où en entrant, il y avait à droite cette 125 Terrot et à gauche la splendide Rallye du fils Lamontagne.

 Roger Lamontagne sur une 125 Terrot

Roger Lamontagne sur une Terrot plus ancienne à Montlhéry

On était en 1966 et Thierry émerveillé découvrait aussi pour la première fois la 175 Terrot Rallye !

C’est ainsi qu’il acheta alors sa première Rallye d’occasion.

Le père Lamontagne ne courrait plus mais le fils avait à son tour préparé une 175 avec un réservoir d’Ital Jet. La partie cycle était d’origine, mais il avait monté des commandes reculées et un garde-boue avant en tôle inspiré de celui des premières Honda de Grand Prix. Une bécane de toute beauté vendue par la suite à un moto-club Parisien.

125 Terrot course de Roger Lamontagne

En son temps Roger Lamontagne courrait sur Vélocette et sur Terrot et  comme il en vendait dans son magasin, il avait probablement récupéré des pièces à l’usine de Dijon : Des pistons, des ressorts de soupapes et des soupapes, entre autres…

125 Terrot course de Roger Lamontagne 

Dès 1950, on peut noter de bons classements pour Lamontagne, sur le circuit de Dijon, ou il finit 2 ème en 350cc et surtout 1er en 500cc  sur Terrot. Puis, la même année à Clermont Ferrand, il termine 1er en 500.

La machine de Gérard Sellier n’est pas une ETD, mais un moteur d’ETM dans un cadre d’EDV (l’assemblage est donc de 56). Le moteur et réservoir ayant déjà équipé un cadre ETM en 1950.

125 Terrot course de Roger Lamontagne

Dans sa dernière version (EDV + ETM), Cette belle petite moto aurait participé au Bol d’Or 1958 avec le n°60 (Gérard a la plaque). D’après des comptes-rendus d’époque  ce serait sur une ETDS que Lamontagne et Beaupré aient couru. Mais cette info semble une coquille dans le compte-rendu ou une mauvaise info. En effet pour Gérard Sellier, Lamontagne disposait à cette époque des cadres EDV ou EDL, pourquoi aurait il toujours utilisé un ETDS obsolète…..????

Et Gérard ajoute : « Le scrapbook Moto Revue, raconte également des soucis d’éclairage sur leur machine, alors que la mienne en était dépourvue et que Roger, devant mon étonnement m’a raconté que pour tourner de nuit, ils « s’accrochaient » du mieux qu’ils pouvaient aux plus grosses machines qui les dépassaient… Seul un éclairage du numéro par une petite lampe navette était présent ».

edlde1958prparepourl.gif

Ce qui est certain c’est que les Etablissements Lamontagne ont préparé plusieurs Terrot.

Preuve en est, les différentes versions qu’on trouve dans des revues et bouquins affirmant toutes, que c’est la machine du Bol !

Lamontagne avait également récupéré la moto de Jean Béra, lorsque ce dernier arrêta de courir. 

175lamontagnedessin.gif

Et, quoi qu’il en soit, Lamontagne et Beaupré ont bien terminé le bol d’Or de 1958, en parcourant 1611, 212 kms à la moyenne de 67,133. 

C’était la seule machine inscrite en 125… mais enfin, elle a terminé avec un parcours honorable pour l’époque.

125 Terrot course de Roger Lamontagne 

Je remercie Gérard Seller et Thierry Philippon pour ces photos, leurs souvenirs et commentaires qui nous permettent de mieux appréhender et surtout de voir une machine populaire de course et d’époque.

C’est certain que cela va donner envie à beaucoup de restaurateurs de coursifier ce modèle qui est bien courant dans sa version d’origine  et que l’on peut trouver dans toutes les bourses et à un prix pas très élevé.

Ne manquez pas de m’envoyer des photos si vous vous lancez dans une telle reconstitution.

Qu’on se le dise : Claudine Ansel vend un side  ZUNDAPP KS  750.

Une bien belle machine. Elle en demande dans les 25 000 euros. 

Si vous voulez la contacter vous pouvez passer par l’intermédiaire de ce blog.

Zundapp KS 750

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