Une histoire de casques

 

Une histoire de casques

Par Jean-Paul AUGE

 

 En complément de cet article vous pouvez aller lire un autre article sur un :  Collectionneur d’histoires de casque

 

Au fil des pages de ce blog, vous avez pu voir quelques photos sur lesquelles, Camberoque au guidon de ses diverses bécanes des années 60-70, arbore un casque de type « bol » habilement décoré, plus ou moins dans le genre des casques personnalisés portés à cette époque en compétition par des pilotes qui, étant tous vêtus de combinaisons de cuir noir, ne se différenciaient les uns des autres que par le motif du casque.

ccpricard759.gif

 

Pour les plus jeunes de nos lecteurs, la référence en matière de casque motocycliste, c’était le bol « Cromwell », celui que portaient les pilotes de Grand Prix, en tête desquels le grand Mike « the Bike » Hailwood, mais aussi tous les autres, Read, Agostini, Findlay, etc…

casquemike.gif cromwell SMBH

Et comme on le voit sur les images, le motocycliste se devait d’avoir des lunettes Climax, à verres bombés ou à pans coupés, ou encore les classiques Baruffaldi italiennes (il semble que sur la photo Camberoque porte des Climax 521).

climax012.jpg climax5131.jpg baruffaldi011.jpg

Rares étaient ceux qui portaient des casques de type aviation, ce qu’on appelle aujourd »hui un Jet. Et on n’avait jamais vu d’intégral jusque là, pas même en F1 automobile. Donc, tout le monde ou presque portait le bol. On ne va pas discuter sur la maigre protection offerte par ce type de casque, sinon pour rappeler que, dès son apparition, vers 1970, l’intégral a rencontré un succès certain auprès des motards, et qu’aujourd’hui, plus personne n’envisage sérieusement de rouler avec un bol autrement que pour faire du folklore. Raison de plus pour conserver pieusement non seulement les vieilles photos, mais aussi ces vieux casques, remisés dans un coin, à la fois comme témoins, vestiges, reliques, mais encore comme accessoires à ressortir lors de manifestations de motos anciennes. Mais je m’éloigne de mon propos…quoique…

casque.gif

Je reviens au casque de Camberoque et à sa superbe décoration. Je dis « superbe » avec un rien de forfanterie, car, ma modestie dut-elle en souffrir, je confesse tout de suite être l’auteur de ce barbouillage inspiré, constitué d’un motif plus ou moins classique, comme on en voyait pas mal sur les Cromwell de l’époque, complété en son centre d’une croix du Languedoc, le tout aux couleurs traditionnelles, croix or sur fond rouge à liseré or (l’inverse d’Hailwood, dont le motif était or à liseré rouge)

nogaro19701.gifLà, les lunettes seraient plutôt des Climax 513

Mais la première étape avait été de se procurer un de ces casques, ce qui fut le début d’un épisode dont peu se souviennent encore. Allez, je vous raconte….

Une histoire de casques dans Divers photo-casque-cc

Fin des années 60, il ne fallait pas espérer trouver un Cromwell à Carcassonne, où ne subsistaient guère que des marchands de cyclomoteurs 50cc, machines pour lesquelles le port du casque n’était pas exigé alors. De ce fait, autant dire que le marché du casque était quasi nul. Faute de quoi, et je ne sais plus dans quelles circonstances, j’avais réussi à récupérer un vieux Bayard d’une couleur vaguement beigeasse, mal ajusté, et donc la coiffe laissait passer un courant d’air terrible.. Mais, c’est bien connu, qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse

 bayard 1

Aujourd’hui, un Bayard est devenu une pièce de collection, comme celui de la photo ci-contre où l’on voit bien l’espèce de bourrelet en cuir qui entourait toute la coiffe. Et on devine la découpe un peu particulière du bord de cette même coiffe. Le tout donnait à ce casque sa silhoutette caractéristique que nous jugions insupportable, au point d’être tout bonnement importable tout court…

A propos de bourrelet en cuir, je ne résiste pas au plaisir de vous montrer l’allure, qui nous paraît désormais plutôt sympathique, d’un autre de ces casques d’il y a plus de 50 ans. La gentille dame qui a bien voulu patienter que je prenne la photo l’autre dimanche à Sommières, l’utilise pour rouler en… VéloSolex….Et finalement, …..

casquesolex.gif

casque07custom.jpg

 

Donc, foin du Bayard, et pas de Cromwell en vue. Que faire ? Et c’est là que ça devient amusant…

Car si vous avez l’œil, vous devez bien vous rendre compte que la silhouette du casque de Camberoque n’est pas tout-à-fait celle du Cromwell. En fait il s’agit de la copie française du Cromwell, réalisée à Clermont-Ferrand par la maison Altus, spécialiste des articles en polyester, casques, donc, mais aussi carénages, et autres pièces de carrosserie de moto.

Le casque Altus ne reprenait pas complètement la forme quasi hémisphérique du Cromwell, il avait sa silhouette à lui, légèrement plus haute. Et je crois me souvenir qu’il étaitfinancièrement plus abordable. Mais lui non plus ne risquait pas de pouvoir se trouver dans le commerce à Carcassonne. Alors d’où sortait le casque de Camberoque?

pub.gif    cromwelldemickie.gif
Pub d’époque pour Motor Cycle News -  Suivi du Cromwell de Mickie  (Photo Mickie) 

Hé bien, c’est à cette époque-là que venait d’arriver à Carcassonne, ce motard à la 450 Honda, dont on vous a déjà raconté quelques exploits (dont le fameux passage nocturne en échappement libre devant le commissariat de police….). Lui-même utilisateur d’un Altus dont il nous avait vanté les mérites, il s’était gentiment proposé de nous en procurer, par le biais de ses anciennes relations clermontoises, à un prix « direct usine », et sans avoir besoin de courir désespérément les boutiques à Toulouse ou Montpellier. On avait donc cassé nos tire-lires, et je me souviens avoir reçu peu après un de ces casques tant convoité, mais… tout blanc. Aussi blanc que si je m’étais retourné un pot de chambre en faïence blanche sur la tête. Hors de question de rouler avec un truc pareil ! ! ! Mais j’avais eu le temps de réfléchir à la question, et je m’étais aussitôt lancé dans la décoration de mon casque. Le dessin qui suit illustre à peu près ce que j’avais réalisé, et dont j’étais relativement satisfait. Vous verrez plus loin pourquoi un dessin et non pas une photo.

altus01.gif

En pleine mouvance post-soixhantuitarde (nous sommes plus ou moins en été 1969), l’Occitanie libre avait le vent en poupe, et la croix du Languedoc nous semblait être la seule emblème digne d’être arborée…

Une fois mes travaux de peinture achevés, il ne me restait plus qu’à aller m’aligner fièrement au départ du fameux « Grand Prix des Boulevards », lorsque j’ai vu rappliquer notre copain fournisseur qui m’a demandé si je pouvais lui rendre le casque, bien sûr contre remboursement, pour une raison que je n’ai jamais bien comprise. S’agissait-il d’un problème de fabrication justifiant le retour en usine, ou bien d’une affaire de marchandises sorties d’usine dans des conditions un peu imprécises (à Marseille, il paraient qu’ils disent : « tombé du camion à la sortie du port… »), je n’en ai jamais rien su, et de toutes façons, il y a prescription. Mais j’ai vu repartir mon beau casque tout neuf, à peine décoré.

Et je crois bien que les quelques copains qui en avait acheté ont dû faire de même, Camberoque y compris. Mais ce n’était que partie remise, et quelques semaines plus tard, nous avons pu bénéficier d’un nouvel arrivage, cette fois-ci garanti sans problème, moyennant, je crois, un léger surcoût. Et cette fois, mon nouveau casque était non plus blanc, mais d’un gris métallisé plus sympa, et dont le bas de la calotte était garni d’un adhésif noir sur tout le tour. Pour autant, ça ne dispensait pas de vouloir personnaliser l’objet, et me revoilà, muni de mes petits pots de peinture, et des petits caches adhésifs que j’avais patiemment confectionné, en train de meubler mon temps libre à jouer du pinceau. J’avais un peu évolué dans le projet, et voici le résultat, cette fois-ci en photo.

casquejp01.gif

Photos JP Augé Octobre 2008, c’est du tout frais, car je l’ai toujours….

Et tant que j’y étais j’ai décoré aussi celui de mon copain Camberoque. Un comble pour le fils d’un grand peintre (cf l »autre blog jeancamberoque.unblog.fr et, tant que nous y sommes, allez voir aussi : http://www.camberoque.net)

Nous avions fière allure lorsque nous partions en ballade, avec nos deux casques assortis, dûment complétés par des lunettes Climax à pans coupés achetées à Montpellier.

Que ce soit ensemble ou séparément, nous avons roulé pas mal de temps avec ces casques. Sur les photos de l’épisode de l’école de Pilotage de Tony Smith, on voit que Camberoque arbore le sien au milieu d’autres pilotes qui roulent en casque intégral. Pour ma part, je me souviens de mon premier intégral, un Nolan, acheté en 1977-78. C’est dire…

pricard12.gif

L’histoire a connu un petit épilogue un peu inattendu, au printemps 1972, quand je me suis retrouvé à Charade avec mon copain Gadz’Arts, Dino qui courait à l’époque en Critérium des Sports avec sa Honda 750 Four. J’avais naturellement mon casque avec moi, et tout d’un coup, en regardant distraitement les gens qui étaient là, j’ai eu la surprise de voir au milieu de la foule, au bout du bras du type qui marchait à quelques mêtres devant moi, un casque blanc avec un motif que je ne connaissais que trop bien. Son casque, c’était mon tout premier Altus, avec sa décoration, MA décoration, intacte. J’ai abordé le gars, en lui montrant mon propre casque, à sa grande surprise. Je lui ai raconté l’histoire, qui l’a intéressé vivement, et demandé comment il avait eu ce casque. Le gars était de Clermont, et je ne me rappelle plus trop ce qu’il m’a raconté sur les conditions dans lesquelles il avait pu acheter ce casque (cétait il y a 35 ans, déjà) ? Mais le gars semblait assez fier de cette décoration originale que pas mal de copains lui enviaient, et dont il connaissait maintenant l’origine et l’explication.

Et quelques temps plus tard, je retrouverai une dernière fois ce casque, en photo, dans l’un des principaux hebdos de l’époque (Moto-Revue ou Moto-Journal), cette fois, à l’occasion d’un reportage sur un trial en Auvergne. En bordure de zone, dans le public, on voit quelqu’un, sûrement le même bonhomme, qui a mon casque à la main. Qui sait s’il lira ces lignes ?…. Salut, camarade…

mikeh.gif

Depuis, le Cromwell a bien évolué. Même Mike the Bike himself avait abandonné le bol au profit de l’intégral. Et de nos jours, si vous décidez d’ acheter un Mike Hailwood Repliqua Helmet, ce ne sera plus un Cromwell : voilà ce que vous aurez…. La nostalgie n’est plus ce qu’elle était…

xlitesmbh2.gif

Et vu l’allure de l’objet, vous aurez peut-être un peu de mal à vous identifier à l’artiste, définitivement immortalisé par Fançois Beau en 1968, après que l’usine Honda ait quitté la scène des GP et que le grand Mike bénéficiait encore des machines d’usine qu’il pouvait engager où il voulait. Du coup son casque a arboré quelques temps un graphisme un peu particulier que nous avions adoré, mais dont je n’ai pas de meilleure photo pour l’instant.

smbhpirate.gif

cromwel.gif

Donc, aujourd’hui, Camberoque et moi avons toujours nos casques Altus. Les garnitures se sont un peu tassées, et le cuir a un peu séché, ce qui l’a fragilisé. Et où sont passées les Climax ?

En plus Camberoque a chez lui un autre « bol » qui arbore une déco comparable, et dont il pensait que j’étais l’auteur, mais il n’en est rien. On se perd en conjectures sur l’artiste inconnu…

2003casque.gif

Mais promis, quand nos Terrot seront prêtes à rouler, on vous fera une belle photo, et vous verrez si ça ne va pas vous rappeler encore bien des choses….

A vous tirer les larmes.

 En complément de cet article vous pouvez aller lire un autre article sur un  :

Collectionneur d’histoires de casque

 

pub-livre circuit-oublie

 

 


Archives pour la catégorie Divers

Des nouvelles de ce blog :

lvmaout08.gif
La Vie de La Moto Août 2008

 

Dans : La vie de la Moto, numéro spécial d’août, une nouvelle fois, Michel Leurette me fait le plaisir de proposer la visite de mon blog aux lecteurs de « notre bible hebdomadaire à tous ».

Je vous rappelle que Michel Leurette en avait déjà parlé lors de la mise en ligne des premières pages.

viedelamoto.gif
La vie de La Moto Avril 2008

Cela m’avait bien encouragé pour continuer mes histoires de moto, mais cette fois j’ai la surprise de retrouver ce petit article à mon retour de l’étranger et cette publication m’incite plus que jamais à continuer mes récits et bien entendu la restauration de ma vieille 125 Ténor.

Alors que j’ai entrepris ce blog pensant avant tout me faire plaisir et être lu par quelques bienveillants copains et peut être quelques membres de ma famille, je m’aperçois que plusieurs lecteurs sont intéressés. La preuve, vous êtes plus de 2222 précisément ! et à l’heure ou j’écris, à être déjà venu sur ce blog.

Au mois de juillet et août, une moyenne de 150 connexions par semaines témoigne de votre passage sur mes pages, alors que je n’ai pas proposé beaucoup de nouveaux articles !

Je profite aujourd’hui de cette page pour remercier Michel Leurette et La vie de la Moto

Mais je dois aussi remercier également toute l’équipe et Philippe, web master, du

TerroT Club de Ballancourt (91) France, car eux non plus ne manquent pas de signaler régulièrement l’adresse de mon blog sur leur formidable site qui est une véritable encyclopédie et un forum pour les passionnés de la marque Terrot.

A voir absolument et régulièrement: www.terrot.org

terrotclubballancourt.gif

Merci aussi à tout ceux qui me laissent après leur passage un petit mot,

ou un gros mot !

Cela me fait toujours plaisir …

 

Bon je vous laisse, j’ai les restes de ma Ténor à retrouver…
Si j’y arrive pas, la prochaine fois
je vous donnerai la recette du Cassoulet.

Ah les vacances…

Comme je vous le disais précédemment, le chantier de la Ténor n’avance pas bien vite, c’est les vacances, et je me préparais à vous faire patienter jusqu’à Septembre.

Mais à l’autre bout de la planète, le Tahitien ne l’entend pas tout-à-fait de cette oreille.

Faute de pouvoir jouer le Terrotmaniaque, il se ballade, sur sa Mc Laren et de temps en temps, il me raconte des choses bien sympa.

A votre tour d’en profiter…

mclaren.gif
Jean-Paul et sa progéniture sur une vraie Mc Laren de Nouvelle Zélande… (Photo prise par Mme Augé, merci Hélène…, sinon les autres photos prises en NZ et Australie sont de Jean-Paul)

Donc, au début de ce blog, Camberoque vous a raconté comment, en 1967, il était parti avec les Jeunes Lièvres de Carcassonne jusqu’à Val d’Isère pour participer à la célèbre concentration des Chamois. Depuis, ses épopées sont moins homériques, mais beaucoup plus lointaines, Chine, Afrique, USA, et j’en passe. Mais faut pas rêver, il n’y va pas en moto… personne n’a encore traversé l’Atlantique en moto, et surtout pas en Terrot 125 Ténor. Je plaisante…

N’allez pas croire c’est par jalousie, mais je suis allé encore plus loin que lui, jusqu’aux vraies antipodes de notre doux pays natal, jusqu’en Nouvelle-Zélande. Normal quand on vit (temporairement) à Tahiti, c’est le pays « civilisé » le plus proche, à peine 4000km, mais quand même 19000 km de France. Après, pour aller plus loin, faut demander à la NASA… La preuve…

directions.gif

D’abord, cette première photo a été prise tout près d’Invercargill, complètement dans le Sud de l’île du Sud (pour les curieux : http://www.invercargill.org.nz/). En haut du poteau, sur le panneau, on peut lire les coordonnées 46°36’54″S – 168°21’26″E. Mettez ça dans un GPS, et en route, je vous promet bien des surprises si vous suivez le cap jusque là-bas. Et gaffe de pas vous gourer, car plus au sud, vous ne trouverez plus rien avant le Pole Sud, à 4800 km. Et là, vous irez sans moi, parce que 4 ans à Tahiti, ça m’a rendu frileux.

Or les Néo-Zélandais, ce sont des émigrés venus directement d’Angleterre, avec tout ce qui va avec, la passion de la moto y compris, vous allez voir. Et si j’ai choisi cette première photo, ce n’est pas juste pour dire jusqu’où je suis allé. Invercargill ? vous les amoureux de la vieille pétoire, ça ne vous dit rien ? Et ce type, la-dessous, en train de couver sa Velocette? non plus?

burtmunro.gif
Le vrai Burt

Allez, je vous aide : fermez les yeux, imaginez une longue plage déserte à perte de vue, une bande de jeunes loubards en Harley façon Marlon Brando (tiens, on parle de cinéma, ça devrait vous aider) et un vieux type sur une drôle de bécane, basse, carénée comme une fusée, qui les allume tous. Justement ça fait très cinéma, tant qu’on en a fait un film, et que le vieux type est joué par rien moins que Sir Anthony Hopkins….

motomunro.gif

Je sens que vous allez y arriver. La bécane est une Indian de 1920 ultra-modifiée au fil des ans, the World’s Fastest Indian, et le vieux motard s’appellait Burt Munro: avant d’aller sur le Lac Salé de Bonneville, battre des records qui tiennent toujours aujourd’hui, il roulait sur la plage d’Invercargill en Nouvelle-Zélande.

bmunroahopkins.gif
Anthony Hopkins et le réalisateur du film Roger Donaldson.Photo de tournage du film Burt Munro

Le film date de 2005, et il est bien sympa : et vas-y que je te coule des pistons de record du monde au fond de mon garage, le vieux fou… Et pas seulement, la preuve :

indiandufilmmunro.gif
Pendant le tournage du film sur Burt Munro, un des types de la production n’a pas pu se retenir d’aller prendre la pose sur la bécane du père Munro (sans qu’on sache si c’était celle d’origine ou la réplique): 324 km/h là-dessus, ça vous tenterait d’essayer? Burt l’a fait,… à environ 70 ans… OK?

La suite est à lire sur : http://www.worldsfastestindian.com/

plagemuro.gif

Alors voilà une photo de cette foutue plage, sur laquelle je suis allé marcher, comme en pèlerinage. Petite précision : j’y étais en juillet, et là-bas, c’est le plein hiver. En latitude, ça vous fait à peu près l’équivalent des Sables d’Olonnes. Allez-y en janvier, vous verrez…
Bon, évidemment, ça ressemble à n’importe quelle autre plage, mais vous pouvez me croire sur parole, c’est bien celle du vieux Burt et de son Indian, et elle fait plus de 20km de long. Quant à rouler à plus de 200 km/h là-dessus : Respect…

Un peu au Nord-Est, à un peu moins de 200 km, vous avez la petite ville de Dunedin (encore un nom écossais, et un site sympa : http://www.visit-dunedin.co.nz/), et ils ont un petit musée de la vie au temps de pionniers, il n’y a pas si longtemps. Dans un coin, il y la section « transport », et on y trouve quelques belles pièces :

ariel.gif
Une Ariel 1930, qui côtoie une Harley aux couleurs aguicheuses.

vincent.gif
Et l’inévitable Vincent. Dommage, ce n’est pas une 1000, mais tant pis.J’avoue tout net que je ne me suis pas attardé sur la machine verte qu’on voit au premier plan devant la Vincent (peut-être un spécialiste pourra-t-il me dire ce que c’est), mais plutôt sur celle de derrière. Vous le voyez ce petit bout de cadre rouge ? Quand je l’ai eu dans le viseur, je me suis dit qu’il fallait que j’aille voir ça de plus près parce que ça me rappelait trop… mais quoi au juste?

mobfrenchharley.giffrenchharley.gif

Ah ! là, ça vous parle, non ? La bonne vieille Mobylette, qui est donc arrivée jusqu’à l’autre bout de la planète, eh oui… Mais ce n’est pas tout, lisez un peu le commentaire qui figure sur le petit écriteau juste devant, vous allez rire :
Dans la période d’après-guerre (celle de 40), les « mopeds » étaient très populaires, particulièrement en Europe, où les gens des années 50 étaient relativement pauvres, le pétrole rare, et les transports publics souvent défaillants à cause des effets de la guerre.
La Mobylette fut conçue en France et vendue à partir de 1952. Elle est devenue connue comme étant la « Harley Davidson française » car elle était le symbole de la liberté et de l’indépendance pour la jeunesse française

Alors ? ça vous la coupe, non ? vous le saviez, vous, que vous aviez roulé sur la Harley française ?

Pratiquement à l’opposé de Dunedin, toujours dans l’île du Sud, côté nord-Ouest, il y a Shantytown, (lisez http://www.shantytown.co.nz/) reconstitution touristique d’une petite ville minière de la petite ruée vers l’or de la fin du XIXèmesiècle. Dans un coin, on peut monter sur une vieille machine dont le nom devrait vous rappeler quelque chose :

mclaren.gif

Allez savoir s’il n’y avait pas un rapport avec Bruce, néo-zélandais lui-même, et fondateur de l’écurie de F1. Moi, maintenant, je peux raconter sans mentir que je me suis mis aux commande d’une MacLaren. Et vous ?

classicmotorbikesnz.gif

Remontons encore un peu vers le Nord et rejoignons l’île du Nord, jusqu’à Wellington, qui est la capitale administrative du pays, siège du gouvernement. On y trouve l’important musée Te Papa Tongarewa, au beau milieu duquel trône une moto plutôt originale, conçue et réalisée dans les années 1990 par un autre enfant du pays, John BRITTEN.

britten.gif

Il n’y en a eu que 10 exemplaires, celui du Musée est le deuxième de la série. Pendant quelques années, cette machine a (presque) tout gagné.

Un petit tour sur le site www.forum-auto.com/moto/section25/sujet211091-70.htmvous apprendra tout ce qu’il faut savoir sur cette machine exceptionnelle. Vous verrez, c’est chouette.

Au passage, ayons une petite pensée pour les pilotes du bout du monde venus exprimer leur talent sous nos cieux. On vous avait déjà parlé de Ginger Molloy, qui roulait en Bultaco TSS, et on se souvient aussi de Hugh Anderson. Pour les autres, je vous recommande http://www.motorcyclingnz.co.nz/rollofhonour.aspx, c’est très bien fait.

Bon, je n’ai pas vu de Terrot, et d’ailleurs, on voit peu de motos sur les routes de là-bas (OK, en juillet, c’était l’hiver…). Mais, allez donc sur le site du Terrot-club de Ballancourt (http://www.terrot.org) : tout-à-fait sur le bord droit de la page d’accueil, vous trouverez, une petite rubrique « nos visiteurs dans le monde », et si vous cliquez sur le lien, vous verrez qu’il y a au moins un Terrotiste là-bas…

Tout ça, c’était en 2006. Et un an plus tard, je suis allé faire un tour au pays des Kangourous.

Là-bas aussi le Terrot-club de Ballancourt atteste la presence de quelques Terrotphiles, dont un semble connaître quelques succès dans les concours d’élégance en présentant sa 350 Terrot des années 30, face à nombre d’anglaises de la même époque.

Je n’ai pas passé le temps à courir après les motos, anciennes ou pas. Mais j’ai profité du passage à Melbourne pour pousser une pointe jusqu’à Philip Island, et on a vu le circuit, malheureusement de l’extérieur, car vu la saison, tout était fermé. (http://www.phillipislandcircuit.com.au/)

Mais ce qui est amusant, c’est de voir que la route touristique passe juste au bord de la piste :

circuitpisland.gifaustralie.gif

Je n’ai eu que quelques pas à faire depuis la voiture pour aller faire la photo. De nos jours, au Castellet, c’est devenu un peu plus compliqué.

Comme pour la Nouvelle Zélande, on peut aussi rappeler l’importante contribution des pilotes australiens au sport motocycliste. Si on pense bien sûr à Casey Stoner, on n’oublie pas Jack Findlay, Mick Doohan, Anthony West, Chris Vermeulen, Garry McCoy, Troy Bayliss, Wayne Gardner, et d’autres…

jackfinleymj200.gif agostinietfinley.gif
Jack Finley au Moto Journal 200 dans les années 1976, et en conversation avant le départ avec Agostini. Photo Copyright Charles Camberoque

A part ça, la curiosité m’a fait ramener un exemplaire d’un magazine local. On y trouve grosso modo les mêmes choses que n’importe où ailleurs, sauf ça :

funerailles.gif

La Harley Davidson attelée faisant office de corbillard, alors là, salut… Mais finalement, quand il s’agit de tirer la révérence….

Bon, allez ! Bonne nuit depuis les antipodes…

L’école de pilotage Tony Smith

Ecole de pilotage Tony Smith

Aujourd’hui, le 6 Février 2013.

Tony Smith envoie un commentaire que je traduis ci dessous en espérant que des anciens de l’Ecole de Pilotage lui écriront pour lui donner des nouvelles.

« Salut
Ici c’est Tony Smith. Je voudrais dire bonjour à tout les gens que j’ai rencontré et qui m’ont aidé quand j’ai dirigé l’école de pilotage en France.
C’était le temps le plus merveilleux de ma vie !
Principalement en raison de ceux qui m’ont aidé, des sponsors et des élèves.
J’aimerais recevoir, un de ces jours, des nouvelles de tous et de n’importe lequel d’entre vous.
Merci à tous.
Tony »

1 ère partie

La restauration de ma Ténor n’avance pas aussi vite que prévu et comme vous êtes plus d’une centaine à vous connecter régulièrement sur ce blog, je ne peux pas vous laisser sans nouveauté. En effet lorsque je traîne un peu, pour mettre comme chaque début de semaine une nouvelle page, vous êtes nombreux à m’écrire pour me rappeler à l’ordre et me dire:  » Et alors la suite, ça vient ? »
Pendant l’été, je serai moins actif tout de même, nous reprendrons en septembre, à moins que Jean-Paul ne profite de ses derniers jours à Tahiti pour nous sortir quelque chose. Espérez, je crois que ça va venir…

Cette semaine je suis allé farfouiller dans mes archives photographiques des années 1975/1976 et j’ai trouvé des images qui devraient vous intéresser :

 

L’école de pilotage moto de Tony Smith

tonysmith1.gif

Avec le temps, l’age avance, les souvenirs remontent et je m’aperçois que j’ai vécu dans ma vie des moments d’intense jubilation tout naturellement sans même m’en apercevoir. Comme si ces instants rares et précieux étaient éternels et non pas terriblement fugaces. C’est ce dont je prends conscience en retrouvant toutes mes photos de l’Ecole de Pilotage de Tony Smith. Et j’ai du mal à penser que c’était il y a plus de trente ans !

tonysmith2.gif

Dans les années 75 je ne me rappelle plus comment j’avais rencontré Tony Smith. C’était un pilote tout auréolé d’une carrière de coureur qui l’avait amenée du Continental Circus jusqu’à Daytona, la plus prestigieuse des courses d’alors. Je rêvais de tout cela quand Tony avait ouvert son Ecole de pilotage. Il avait besoin d’images pour la presse et comme j’étais déjà photographe nous avions conclu d’un échange de photos… contre des cours de pilotage. J’étais le plus heureux du monde !

tonysmith3.gif

J’avais rejoint Tony Smith à Albi pour une première séance de prise de vues. Le circuit d’Albi avait quelque chose des circuits anglais, la piste est construite tout autour du tarmac de l’aérodrome. Elle était à la fois dans la campagne et déjà proche de la ville, ce qui lui donnait un petit côté Tourist Trophy qui n’était pas pour me déplaire.

albi4.gif albi5.gif

Dans la plus pure tradition du Continental Circus, Tony était accompagné par sa femme et leurs enfants. Ils arrivaient dans un fourgon Bedford (muni d’un moteur pas courant et particulièrement performant).

 

 

albi7.gif

Le sympathique Angelo Laï préparait les motos et veillait à leur bon fonctionnement.

angelolai.gif

Après avoir suivi quelques cours théoriques sur les mécaniques, des 350 Aermacchi monos 4 temps, alors rebaptisées depuis peu Harley Davidson, (à cette époque Harley commençait à investir dans les usines italiennes), face au tableau noir, Tony nous dessinait des trajectoires parfaites.

 

circuitalbi6.gif

Puis on allait étudier le comportement des motos en courbes en tournant doucement derrière le maître, sous la vigilance de la tour de contrôle de l’aérodrome, entre les maisons et les champs Albigeois, attirant le regard intéressé d’un paysan curieux de motos …

mozaique.gif

Après un dégrossissage général, une étude méthodique des trajectoires virages par virages était effectuée sous les conseils et le regard critique de Tony.

Il n’avait pas manqué au préalable de nous faire lui-même une démonstration en nous gratifiant de quelques magnifiques passages.

albi168.gif

 albi9.gif albi10.gif

tonysmith12.gif

Après le bruit et la fureur d’un dimanche de courses, le calme retombe sur le circuit.

Et c’est bon alors d’apprécier cette solitude dans l’immensité de ce décor presque vide qu’on arpente pour prendre des photos.

Quel bonheur d’entendre la musique d’un mono Aermacchi en mégaphone qui rétrograde dans le lointain d’un clair petit matin d’hiver.

mozaique2.gif

Tony Smith, en vrai pédagogue, prenait des notes à la suite de nos passages pour mieux nous expliquer très précisément comment s’améliorer pour passer plus efficacement en courbe.

tonyalbicarre8.gif albi3.gif

Le dernier jour de stage était consacré à des tours de circuit chronométrés.

Quant à moi, c’est sur le circuit Paul Ricard où je suis allé livrer mes photos à Tony et du coup faire ma rentrée dans la plus belle Ecole de toutes celles que j’ai fréquentée.

Et cela se voit à la mine réjouie que j’avais devant l’objectif de ma femme qui heureusement m’a mitraillé pour la postérité.

Assurément je n’étais pas un pilote très concentré !

Remarquez aussi, sur les photos suivantes, le casque Altus décoré par le pinceau de Jean-Paul Augé, notre spécialiste Terrot de Tahiti et du Pacifique qui m’avait peint un casque aux couleurs et avec la croix du Languedoc.

(Note du tahitien : ah que c’était bon, le temps passé à peindre laborieusement ces croix d’Occitanie sur nos casques.

Merci de l’avoir dit, Charles, il était temps d’en parler de ce casque. Et dans quelques jours, vous aurez aussi la photo du mien…

Et il y en a un autre dans la nature, toute une histoire, j’essayerai de vous raconter.

En attendant : Oc e libertat! farem tot petar, mille dious ! )

ccpricard757.gif pricardcc.gif

pricard19754.gif

pricard11.gif camberoqueaupricard.gif

Je n’étais pas parmi les meilleurs élèves même si pour une fois cette Ecole me convenait parfaitement.

Décidément je n’aurais jamais été, nulle part, un bon élève !

1couleuralbi.gif pr.gif
Les pilotes prometteurs étaient sélectionnés pour une finale qui se déroulerait sous les yeux d’un jury composé de pilotes de renom.

pr3moto.gif

Le président de jury en 1975 fut Walter Villa assisté d’une ribambelle de coureurs français que vous pouvez voir en délibération sur les photos suivantes.

juryfinale76.gif

Je me demande même s’il ne se cache pas parmi eux un futur ministre de notre République.

Vous le reconnaissez ?

dujury76.gif

Tony Smith, Christian Bourgeois, Eric Offenstad et Michel Rougerie pour lesquels j’avais beaucoup d’admiration.

laureat76.gif finale1.gif

Le Lauréat de 1975, qui peut me dire son nom et ce qu’il est devenu ?

Oui ! Voilà des nouvelles ! Après plusieurs années puisque j’avais écrit cet article en 2008 je reçois un message de Roch Peris que l’on voit sur les photos précédentes et suivantes. 

Merci encore Roch.

Bonjour. A bientôt 67 ans je me replonge dans les souvenirs.c’est moi le vainqueur de 1975.

J’ai eu droit à la 250 Aermacchi Harley Davidson.

Au debut c’etait un veau. Mais après être passé dans les mains d’ un mecano anglais c’est devenu une bombe.

C’est grace à cette moto que j’ai gagné une course de club en Angleterre(Snetterton).

Grace à cette victoire Total m’avait renouvelé le contrat pour une année.

Malheureusement apres un hiver difficile et une chute pour ma 1ere course de l’annee 1976 à Albi, j’ai tout arreté.

Pourrais je avoir les coordonnees de Tony pour lui faire un petit coucou ? Merci.


Il avait gagné une saison sponsorisée par Total et une Aermacchi Harley Davidson 250.

tf1automoto.gif

En ce temps-là, TF1 tournait les premières émissions d’Auto Moto et encore sur pellicule !

Depuis, j’ai complètement perdu de vue Tony Smith.

J’ai retrouvé récemment sa trace dans La Vie de La Moto et je suis heureux d’apprendre qu’il est toujours aussi passionné de courses, toujours aussi beau sur une moto et qu’il pilote de belles machines.

Salut Tony ! Et peut être que ce blog me permettra de te rencontrer à nouveau…

Mais j’ai gardé le plus beau pour la fin car l’année suivante, le Président du Jury était notre idole à tous, Mike lui-même.

mikehailwoodtonysmith.gif

Oui, l’immense Mike Hailwood.
Et ce jour-là, j’ai eu la chance de déjeuner avec lui, invité par Tony.

J’étais en face de Mike Hailwood assis à une petite table ronde, impressionné comme je crois que je ne l’ai plus jamais été devant personne !

Et je n’ai pas été foutu de lui dire trois mots.

Je suis le roi des cons !

 

 

Bon je vous laisse, j’ai les restes de ma Ténor à retrouver…
Si j’y arrive pas, la prochaine fois
je vous donnerai certainement la recette du Cassoulet.

La plus part des photos publiées sur ce blog sont de Charles Camberoque,

les droits sont réservés et leur reproduction est interdite sans son accord.

 

Sur La Minervoise.

Sur La Minervoise.

 

Normalement, comme l’indique son titre, ce blog est là pour raconter l’histoire de la Ténor de Camberoque, et cette histoire se passe, au moins, en deux temps : histoire ancienne, et actualité.

Alors, tandis que l’actualité progresse peu à peu, au fil des séances de clé de douze (ou de treize, à moins que ce soit de trouze, je sais plus…), l’évocation du passé fait ressortir un tas de souvenirs, comme aujourd »hui avec cette affaire de route minervoise…. Cramponnez-vous, on y va….

Camberoque, le photocycliste motographe, fait le malin, avec ses photos, comme celle du début de ce blog où on le voit faire le beau sur cette fameuse Minervoise, au guidon de sa Kawa trois pattes. Déjà, si vous pouviez zoomer sur l’image, vous verriez qu’il avait aux pieds les fameuses « Clark Desert Boots ».

Notez aussi qu’il a l’encolure du blouson largement ventilée, qu’il n’est pas évident qu’il ait des gants (je parierais plutôt le contraire), mais que la déco du casque est originale (merci Jean-Paul) et qu’il a de vrai lunettes Climax, comme les pilotes de GrandPrix.

 

500 Kawa 3 pattes

Outre ce que je vous dis sur la tenue du pilote, notez le frein avant à tambour. On en reparle plus loin

Bref, un sacré mix entre la tenue de ville et une vraie tenue de motard (cuir ou Barbour, comme on veut…).

Et vas-y que j’attaque. Gaffe au baiser sanglant de Sainte Gamelle ? que nenni ! ! !… mêm’pas peur…

On imagine plutôt la discussion avec le type chargé de prendre la photo.

Oui ? vous y arrivez à imaginer ça ?

Ah, ce Camberoque, quel cabotin! Mais notez qu’il n’est pas chien, et qu’il prend aussi ses copains en photo.

Depuis quelques temps, il a plongé au fin fond de ses archives et en a ressorti plein d’images qu’on avait oubliées, grâce à quoi, nous passons tous à la postérité via le web.

Merci, Charles.

joe bar team Joe Bar Team: Photo Guillaume Collet

Et cette Minervoise, alors? on en parle ou quoi ? Voilà, voilà,… J’y viens…

(sur des images du Maître, retouchées par le Maître, qui en porte la responsabilité, mais si vous pouvez identifier les pilotes, allez donc les poursuivre…)

D’abord, on ne va parler que des 5 ou 6 premiers kilomètres, sachant qu’au-delà, cette route porte encore ce nom justement parce qu’elle traverse toute cette belle région du Minervois jusqu’à Béziers.

Mais on aurait pu l’appeler la Montagnarde car elle raccorde aussi vers la Montagne Noire et Mazamet.

Mais, on ne va pas discuter: la « Minervoise », c’est bien… un peu comme « Moutain Circuit » à l’ïle de Man, vous savez? le TT…
P ReadLe « fighting spirit », c’est dans la tête : en 1968, rouler sur la Minervoise, pour nous, c’était tirer la bourre avec les stars des GP….

Ensuite, c’était aussi le trajet pour aller voir Camberoque, dont les parents avaient une justement une maison à chaque bout de ce fameux tronçon.

D’où son intérêt,… tout son intérêt.

Enfin, parce que c’était aussi le terrain de jeu favori de nombre de motards carcassonnais (et aujourd’hui? faudra aller voir ça, tiens, en rentrant de Tahiti…).

Et d’ailleurs, c’est là que j’ai entendu mon premier solo de mégaphone pour monocylindre, joué par une 125 Terrot (déjà).

Une ETD ou à peu près (pardon Mickie, mais à l’époque, on n’y connaissait pas grand’chose…) maniée par un illustre inconnu du quartier qui venait régulièrement faire un petit passage (aujourd’hui, il parait qu’on dit un « run »…), juste pour la musique.

Je me souviens que sa selle était un vague bout de ferraille avec un morceau de pneu dessus, pour le « confort ».

Mais son mégaphone, ah… mes aieux….
stoner de passage à carcassonne
Stoner, de passage à Carcassonne pour un entrainement secret sur le circuit de nos 20 ans, vient se placer sur la grille de départ de notre circuit de la route Minervoise. Le vieux magasin Motobécane de Pierre Pieters est transformé depuis longtemps en Bar Karaoké ! Grandeur et décadence…

Alors, voilà, supposons : Vous êtes le dos à la Gare SNCF de Carcassonne, comme si vous descendiez du train, sauf que vous êtes sur votre moto préférée, forcément, sinon, à quoi ça servirait?…

Devant vous, vous découvrez le Canal du Midi. Traversez-le, et tournez à gauche le long de l’hotel Bristol. Continuez une centaine de mêtres. Stop, vous voilà sur la grille de départ.

A votre gauche, donc, le canal. Tout contre lui, la route sur laquelle vous êtes.

Les deux sont sur le point de passer sous la voie ferrée, chacun sous son arche du pont.

Enclenchez la première, montez le régime, le drapeau s’abaisse, c’est parti.

003revesurminervoise.gifLa meute hurlante vient de passer sous la voie ferrée…

Les rapports s’enchaînent. Le passage sous le pont de la la voie ferrée vous a renvoyé l’écho de votre bruit, très brèvement.

Vous avalez la ligne droite dans la lumière verte qui filtre entre les feuilles des platanes qui bordent la route et le canal.

Avec un 50cc, même débridé, c’est parti pour une longue séance de taquet.

Mais avec la Rallye, c’est déjà autre chose, et je vous dis pas l’autre, avec sa Kawa 500.

Selon le cas la vitesse varie du simple au double, sinon plus, alors, c’est pas la même chanson.

04rossialasomca.gifRossi à l’entrée du grand S de la Someca: d’abord à gauche, et puis là-bas tout au fond, à droite entre les arbres… et sur votre gauche, là tout de suite, toujours le Canal dont on voit un petit bout du chemin de halage.

Les premières courbes à droites sont assez ouvertes, mais arrivé à l’entrée de l’ancienne usine SOMECA, dans ce vaste « S » gauche-droite, si le 50cc passait sans aucun souci, la Terrot Rallye nécessitait de gérer proprement la trajectoire pour pouvoir passer sans couper (120km/h).

Avec des bécanes plus rapides, vous êtiez bon pour gérer un joli freinage.

005ago.gifChaud devant: ça ne rigole pas…

Et vous voilà donc dans ce long « S », d’autant plus intéressant, que votre bécane est rapide.

Je me suis promis d’aller vérifier ça un de ces jours avec ma 1200 FJ, et si je crains les radars, je crains encore plus le grain de folie qui va me prendre, pour sûr…

A moins que… ben oui, quoi…, les platanes, les rails, les piétons,… tout pour plaire, non?

Allez ! Mêm’ pas peur, qu’on vous dit…

Le S se renverse dans une longue courbe à droite, TGR (très grand rayon, très rapide), avant qu’arrive le « S » de l’écluse, bien plus serré, celui-là…

006philfaitlinterieur.gif
Phil Read fait lâchement l’intérieur dans le premier virage de l’Ecluse. « Tiens, jeune! Admire….! »

007sdelecluse.gif

A partir de là, je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, car ça a un peu changé.

A l’époque, au niveau de cette écluse, la route faisait donc un S serré sur un pont, juste pour passer d’un bord à l’autre du canal.

Le 50cc freinait un peu, la Terrot déjà un peu plus et tombait un rapport, tandis que la Kawa 3 pattes devait perdre plus de 100km/h. Et ça balance, gauche-droite, et on rouvre à fond pour un joli bout droit.

Au bout du bout en question, on arrive au hameau du Pont-Rouge.

Virage à droite, assez lent, le long des maisons qui sont justement à droite. Question visibilité, ça craint… Et vous revoilà tout au bord du Canal, tout près, tout près…

Là, soit vous ne pensez qu’au chrono, soit vous faîtes un peu le touriste à cause de l’ouvrage d’art qui permet au Canal du Midi d’enjamber la rivière Fresquel juste après lequel on trouve 2 nouvelles écluses.

Quand vous y passerez, vous aurez juste le temps d’y penser tout en montant vos rapports…

008panominervoi.gif La route et le canal franchissent ensemble le Fresquel, dont on aperçoit le reflet plus bas sur la gauche. Et voilà la première des deux écluses.

Donc, sur le pont et le long des écluses, gaz à nouveau, pour un bout à peine sinueux, en légère descente comme le niveau de l’eau du Canal qui descend lui aussi d’une écluse à l’autre.

009ccsecluse.gif Tiens ! le revoilà, lui…

Au bout de la ligne droite, la route remonte un peu et s’enroule dans un grand gauche bien tentant, autour d’un talus qui bouche la vue sur ce qui arrive du grand carrefour qui se trouve 300m plus loin.

Justement, Camberoque habitait au bout d’un petit chemin qui démarrait juste au pied de ce talus (celui sur lequel on essayait de monter avec la Sherpa), et le manque de visibilité rendait plutôt scabreuse la manoeuvre de bifurcation directe vers ce chemin.

010preadrteminervoise.gif
Phil Read, à chacun de ses passage à Carcassonne, nous fait une belle démonstration de pilotage sur la route Minervoise dont il adore les virages !

Alors on a vite pris l’habitude de prendre ce grand gauche pour aller faire demi-tour au rond point du carrefour en question. Je crois bien que la photo de Camberoque sur la Kawa a été prise dans ce virage.

011valentinoabezon.gif
Valentino Rossi à adoré la grande courbe sur plus de 280 degrés du carrefour giratoire de Bezon. Il nous y a donné une belle leçon de pilotage. Merci Vale !!! Et pour ceux qui ne connaissent pas la région, les collines du fond sont en fait la Montage Noire, qui regorge de petites routes sinueuses à souhait…

Je me souviens que, dans le bout droit qui précède, la Kawa prenait plus de 180 (à l’époque, on ne parlait même pas de limitation de vitesse et encore moins de radar) alors que le virage ne passait pas à plus de 110, ou 120km/h, et il fallait freiner « velu ».

Sauf qu’après un tel freinage, le tambour d’origine était tellement cuit qu’il ne fallait pas attendre grand’chose de lui au rond-point.

Alors un jour, Camberoque a fait fait monter sa Kawa avec une fourche de 750 Honda Four avec son frein à disque, comme beaucoup l’ont fait, avant que Kawa ne se décide à abandonner le tambour pour le disque

012500kawa.gif

Aujourd’hui, les puristes de la H1 préfèrent les versions à tambour, et parlent de « moto d’homme », sûrement à cause du courage dont il faut s’armer pour oser rouler avec un freinage aussi débile…

 

 

 

 

Pendant ce temps, la Ténor patientait déjà, plus ou moins oubliée dans son coin (elle y restera 30 ans environ), et on s’amusait donc aussi avec la Bultaco Sherpa de Castella. Celle-là aussi, faudra qu’on vous en parle…

Et n’oubliez pas que le parcours peut se faire aussi dans l’autre sens. Mais je vous laisse essayer d’imaginer ce que ça donne, et pour ceux qui auraient un peu de mal à y arriver, il ne vous restera plus qu’à aller voir sur place, comme l’a fait un jour Patrick le Marseillais, qui a célèbré un jour non seulement les routes, mais aussi le bon vin du Pays Cathare: http://pagesperso-orange.fr/curves.speed/magjuin01.htm. Et vous pourrez lire le reste aussi.

Puchistes et Terrotistes

Puchistes et Terrotistes

Histoire et photos de famille: Au lycée dont je fus un petit client pendant juste quelques mois, début 68, je découvrais un sérieux rival au guidon d’une 175 Puch. La première fois qu’il me vit arriver sur ma Terrot rouge ; visiblement ça lui en foutait un coup pour son prestige. Il me toisait alors de haut en me disant :

« C’est quoi, ça ? » désignant ma bécane.
Et moi de lui répondre aussi sec :
« C’est une Terrot…Ténor : ça ! ». Suivi d’un démarrage que je jugeais, en trombe.

Quelques jours plus tard je rencontre, sur le ring-boulevard Barbés, mon adversaire à la Puch en panne. Je jubile : le Puchiste en rade ! Je m’arrête et le dépanne à sa grande surprise…
Et c’est comme ça qu’une vieille amitié est née et que quelques années plus tard j’ai épousé sa sœur ! Sacré Lluis va !

lluisetsapuch.gif
Mon rival le puchiste Lluis dont la 175 me faisait secrètement rêver. Pensez donc 50cc de plus, deux pots d’échappement, quasiment deux cylindres, quelle classe tout de même ! Et puis Lluis était un sacré tombeur…

 

motodelstiets1952.gif

Mais qui peut me dire quelle est la marque de moto sur laquelle est assise la sœur du « Puchiste Lluis » : Marie, (que j’ai épousé mais bien plus tard), et qui avait, déjà petite, des prédispositions pour les motocyclette…


2coteletteolette.gif

… Les motocyclettes et les côtelettes d’agneaux sur le gril ; la même Marie mais plus grande en 1974, dans les Pyrénées Catalanes. ( Adam, le boucher d’Olette, fournit il toujours des petites côtelettes ? … paradisiaques !!!) Remarquez au passage une autre de nos motos, la 650 Yamaha.

Remarquez également comme la photo n’est que pur mensonge car je ne suis pas bigame. Enfin pas encore…

tyninamarie.gif

Après quelques nuits sous la tente de camping… de la côtelette d’Adam… (Astuce, trop mauvaise, pardon). Bref, Nina notre fille se marre bien avec sa mère sur sa TY 125 Yamaha…
ninaetmoisurlaty1982.gif

J’ai l’impression qu’elle regardait déjà son père avec un oeil critique, Elle devait trouver que Martin Lampkin, Malcolm Rathmel ou notre ami Philippe Raynaud étaient bien plus spectaculaires.

Je n’aurais pas dû l’emmener voir, si petite, des vrais champions.

pereetfille.gif

Un peu plus tard… enfin… 20 ans après! Pas de nostalgie, mais comme le temps passe ! On peut restaurer les motos, pour les motards, que peut on faire ?

Voilà le jour extraordinaire ou ma chère fille m’a offert la magnifique FJ 1200 de l’ami Stéphane avec laquelle désormais je roule tous les jours. Oscar le chien garde une nette préférence pour la 500 XLR.

Bon je vous laisse, je vais me restaurer avec quelques restes …
Si j’y arrive pas, la prochaine fois
je vous donnerai la recette du Cassoulet.

GP des boulevards

Grand Prix des boulevards

Et oui à Carcassonne à la fin des années soixante on s’emmerdait pas mal, mais on rigolait beaucoup.

On faisait le tour des boulevards en s’imaginant sur le Ring ou l’Ile de Man, au Tourist Trophy. Comme des trompes la mort d’opérette.

lacoupe.gif
On ramènera une coupe, gagnée je ne sais plus dans quelle concentration.
Au centre, coupe en main, André Cambiès grâce à qui nous avons des souvenirs
merveilleux et qui savait également contenir avec finesse nos velléités de pilotes de petit prix !

En revoyant tous ces visages sur ces vieilles photos, je me souviens de l’un de nous, croque-mort professionnel qui nous suivait scrupuleusement dans toutes les concentre sur sa mobylette bleu.

Il aimait raconter qu’en été son plaisir au boulot était de boire un coup de rosé et d’aller faire la sieste dans les tombes qu’il finissait de creuser, couché au fond du trou , là ou la terre est bien fraîche.

Quand il se réveillait il riait beaucoup des frayeurs qu’il causait en se levant des tombes, aux pauvres veuves éplorées qui avaient le malheur de passer par là.

nortonmanx30m1962.gif

 Le Café Lapasset

Nous commentions nos héroïques courses autour du centre ville, les trajectoires tendues et les freinages tardifs aux rares feux rouges ; assis aux stands, enfin je veux dire sur la terrasse de notre bar favori… Depuis ce cher vieux Café Lapasset, (qui ne peut qu’être que l’ancêtre authentique du Joe Bar !).

Dès la belle saison des concentrations nous partions le samedi faire la route, pour ces fantastiques rendez-vous de motards, aux quatre coins de la France.

J’ai trouvé récemment  deux articles de la presse de l’époque, Midi Libre et La Dépêche probablement.

Nos exploits y sont annoncés !

GP des boulevards dans Divers articles-j-Li%C3%A8vres092  articles-j-lievres093 dans Divers

surlartedeval.gif
Camping sauvage sur la route pour une lointaine concentration. A droite ma Terrot Ténor avec guidons bracelets. J’avais déjà supprimé le garde boue arrière, hélas perdu par la suite.

Nous avions quelques principes que nous répétions en choeur très souvent :

« Une poignée de gaz n’a que deux positions : Ouverte, ou fermée ! ».

Il suffisait que l’un de nous murmure les premiers mots pour que les autres entonnent la suite à pleins poumons.

carricature1909.gif
Sur ce remarquable dessin de presse publiée en 1909

un motard dit :« Hé ! mec , le prix de l’essence monte de façon intolérable »

Et l’autre de répondre : « Oui et le prix de l’Arnica ! »

 

mespreferees.gif

Bultaco et Kawa, 2 de mes motos des années 70

Bon je vous laisse, j’ai les restes de ma Ténor à retrouver…

Si j’y arrive pas, la prochaine fois je vous donnerai la recette du Cassoulet.

cool mec |
LE BLOG DU PROFESSIONNEL |
mathieu62730 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | marwanblog
| jcsflnc
| "LES MACAGNONS"